Le président azerbaïdjanais a confirmé que d’anciens hauts responsables allemands et russes s’étaient rencontrés secrètement à Bakou ce mois-ci pour examiner les moyens de mettre fin à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine — précisant que son propre gouvernement n’en avait rien su.
« Notre territoire a été utilisé pour une telle rencontre à notre insu », a déclaré Ilham Aliyev, mardi à Berlin, aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz, ajoutant que les données de vol situaient ces discussions entre le 12 et le 14 juillet.
Du côté allemand, selon Bloomberg, figuraient Ronald Pofalla, ancien chef de cabinet d’Angela Merkel, et Matthias Platzeck, ancien dirigeant du SPD et ancien ministre-président du Brandebourg. Du côté russe se trouvaient Valeri Fadeïev, qui préside le conseil des droits de l’homme du Kremlin, et Viktor Zoubkov, ancien Premier ministre devenu président du conseil d’administration de Gazprom.
Merz a précisé que son gouvernement n’avait aucune connaissance de cette rencontre — une distinction qui compte, dans la mesure où les personnes présentes étaient d’anciens responsables, et non une équipe de négociation mandatée.
Ce canal n’en illustre pas moins l’appétit croissant de l’Europe pour peser sur tout futur règlement. Le canal mené sous l’égide américaine par Steve Witkoff et Jared Kushner s’est enlisé à mesure que l’attention de Washington se déplaçait vers l’Iran, tandis que l’Union européenne a fait savoir qu’elle se tenait prête à intensifier sa diplomatie.
Le canal de Bakou ne constituait pas une médiation formelle. Mais il s’inscrit dans l’équilibre prudent qu’Ilham Aliyev s’efforce de maintenir : il a soutenu l’Ukraine — ayant récemment encore signé des accords de coopération avec Kyiv — tout en gardant ses lignes ouvertes avec Moscou, y compris après que Bakou eut attribué aux défenses antiaériennes russes la responsabilité du crash, en 2024, d’un avion de ligne azerbaïdjanais. Le fait qu’une délégation russe ait pu néanmoins se réunir discrètement en territoire azerbaïdjanais souligne ce point : des réseaux politiques allemands sondent déjà un contact avec Moscou, et ni Bakou ni l’Europe n’entendent rester à l’écart si les négociations venaient à reprendre.


