Le parrainage étranger est devenu un moteur opérationnel central de la guerre civile au Soudan. Des réseaux d’approvisionnement rivaux donnent aux deux camps accès à des drones, des munitions et une logistique qui leur permettent de compenser leurs pertes et de poursuivre les combats, malgré les efforts de paix répétés.
Les données de suivi aérien montrent que le SU-SAW, un Boeing 737-8F2 exploité par la compagnie cargo égyptienne Air Master, a effectué un vol entre Istanbul et Port-Soudan le 26 juin. Ces données confirment que cette liaison a bien été utilisée ; elles n’établissent pas la nature de ce que l’appareil transportait.
Des éléments de terrain apportent un contexte que les données de vol ne fournissent pas à elles seules. Le Washington Post a rapporté que Baykar avait livré aux FAS pour au moins 120 millions de dollars de drones, de charges militaires et d’équipements associés, dans le cadre d’un contrat et d’un certificat d’utilisateur final que le journal a pu consulter. Amnesty International a documenté la présence, à l’intérieur du Soudan, d’armements récemment fabriqués d’origine turque, chinoise, russe et émiratie. L’ACLED suit le réseau de soutien fluctuant dont bénéficient les FAS — turc, égyptien, iranien, saoudien et érythréen — face à la dépendance des FSR à l’égard d’un soutien émirati présumé.
Ces approvisionnements extérieurs peuvent atténuer la pression matérielle qui, autrement, inciterait davantage au compromis. Ils ne sont pas la seule raison de l’échec des négociations, mais ils offrent aux deux factions une capacité supplémentaire à poursuivre les combats.


