Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a rejeté la proposition d’Oman visant une gestion conjointe du détroit d’Ormuz, affirmant à la télévision d’État iranienne qu’elle ne répondait pas aux préoccupations sécuritaires de Téhéran, selon IranWire. Oman avait proposé de diviser la voie maritime en deux parts égales, l’une sous contrôle iranien, l’autre sous contrôle omanais ; Téhéran a jugé cette proposition insuffisante et a soumis une contre-proposition prévoyant une voie unique, passant principalement par les eaux iraniennes, avec des tronçons des deux voies — entrante et sortante — placés sous contrôle iranien. Gharibabadi a ajouté que la politique de l’Iran vise à garantir que le détroit « ne retrouve jamais son état d’avant-guerre », avertissant que tout navire de guerre européen s’approchant de la voie navigable serait considéré comme une cible légitime. Il a également indiqué qu’Oman avait proposé de confier à un pays tiers les opérations de déminage dans la section méridionale du détroit — une proposition également rejetée par l’Iran.
Le ministère omanais des Affaires étrangères, dans une déclaration rapportée par Al Jazeera, a confirmé la tenue de pourparlers au niveau des vice-ministres entre les deux pays, des spécialistes techniques des deux camps ayant présenté des propositions encore à l’étude. Le média a rapporté qu’Oman envisage désormais une alternative distincte, à trois voies, qui ferait transiter le trafic à travers les eaux territoriales iraniennes, une voie internationale et les eaux territoriales omanaises — bien que la réaction de Téhéran face à cette option demeure incertaine.
Une précédente proposition iranienne, citée par RFE/RL, faisait état de propos de Gharibabadi suggérant que Téhéran gérerait le trafic maritime de son propre côté du détroit, tandis que Mascate ne gérerait qu’une partie, et non la totalité, du sien ; Oman n’a pas confirmé qu’une telle proposition ait été formulée.
Ce rejet fait suite à des déclarations iraniennes du 27 juillet, selon lesquelles Téhéran continue de contrôler le détroit et ne cherche pas à relancer les pourparlers de paix avec Washington, selon Reuters — deux jours après que le président Donald Trump a ordonné l’arrêt de près de deux semaines de frappes quotidiennes américaines contre l’Iran. Le détroit, par lequel transitait environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole avant la guerre, demeure largement fermé depuis le déclenchement des combats fin février.


