Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont mené le 28 juillet des frappes aériennes coordonnées contre des groupes armés alignés sur l’Iran en Irak, élargissant la guerre régionale après des attaques de drones répétées visant les infrastructures énergétiques saoudiennes et les forces américaines.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué que l’opération avait visé des sites logistiques et des dépôts d’armes appartenant à des groupes qu’il accuse le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien de diriger contre des cibles saoudiennes et américaines. L’Arabie saoudite a précisé que ces frappes faisaient suite à des attaques de drones lancées depuis le territoire irakien contre des installations pétrolières de la Province orientale et de Riyad.
L’Iran a nié toute implication, tandis que la Résistance islamique en Irak, organisation faîtière regroupant des factions armées alignées sur l’Iran, a rejeté les accusations saoudiennes et menacé de représailles.
Cette opération marque un tournant significatif pour l’Arabie saoudite. Riyad s’est employée pendant des mois à intercepter des missiles et des drones iraniens visant son territoire, mais le fait de frapper des cibles à l’intérieur même de l’Irak fait basculer le royaume de la défense antiaérienne vers une action offensive directe contre des forces alignées sur l’Iran, au-delà de ses propres frontières.
Les Forces de mobilisation populaire (FMP) irakiennes ont indiqué que huit de leurs membres avaient été tués et quatre blessés dans ces frappes, selon Al Jazeera. Ces bilans n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.
Ces frappes placent également Bagdad dans une position délicate. Les FMP font formellement partie de l’appareil de sécurité de l’État irakien, mais comprennent des factions puissantes étroitement alignées sur l’Iran. Le Premier ministre Ali al-Zaidi avait déjà ordonné une enquête sur les attaques de drones et affirmé que l’Irak ne permettrait pas que son territoire soit utilisé pour attaquer des États voisins.
L’intervention directe de l’Arabie saoudite accroît désormais le risque que des représailles menées par des milices ne transforment l’Irak en un champ de bataille plus durable, au sein de la guerre plus large opposant l’Iran.


