Un échange de prisonniers, avec des personnes accueillant leurs proches en Ukraine, le 23 mai 2025. Source : Wikimedia Commons.
Les Nations unies estiment que plus de 16 000 civils ukrainiens détenus par la Russie durant la guerre demeurent privés de liberté, bon nombre d’entre eux tenus au secret et détenus selon des motifs non conformes au droit international. L’AP a rapporté que la sous-secrétaire générale de l’ONU aux droits humains, Claudia Fuentes Julio, avait déclaré lors d’une réunion informelle du Conseil de sécurité, convoquée par la Lettonie et le Royaume-Uni, que « des actes généralisés et systématiques de torture et de mauvais traitements » continuaient d’être infligés par la Russie aux civils détenus et aux prisonniers de guerre ukrainiens, y compris des violences sexuelles.
Des observateurs de l’ONU ont interrogé 403 détenus civils libérés et 910 prisonniers de guerre ukrainiens depuis l’invasion, constatant que plus de 85 % des civils et plus de 95 % des prisonniers de guerre ont rapporté avoir subi torture ou mauvais traitements. L’ONU n’a pu se rendre dans les centres de détention situés à l’intérieur du territoire russe, et son estimation ne précise pas combien, parmi les personnes encore détenues, sont des adultes ou des enfants. Les civils détenus dans les zones occupées se voient souvent refuser à la fois le statut de prisonnier de guerre et des protections judiciaires civiles réelles, laissant nombre d’entre eux sans accusation transparente, sans contact avec leurs familles, ni accès à des avocats.
Cette question des détentions s’ajoute au transfert forcé et à la déportation d’enfants ukrainiens par la Russie. La Cour pénale internationale a délivré des mandats d’arrêt contre Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova, pour le crime de guerre présumé de déportation et de transfert illégaux d’enfants issus des zones occupées. Certains enfants sont rentrés grâce à des canaux extérieurs : le Qatar assure une médiation en vue de réunifications familiales depuis 2023, et Reuters a rapporté, en octobre 2025, que la Première dame américaine Melania Trump avait déclaré avoir ouvert une communication avec Poutine, sur la question du retour des enfants pris dans la guerre.
Pour les détenus civils, il n’existe toujours aucun mécanisme de retour comparable. Cet écart laisse le sort de milliers de civils ukrainiens largement non documenté, quatre ans après le début de la guerre.


