Les États-Unis envoient l’USS George Washington vers le Moyen-Orient pour relever l’USS Abraham Lincoln, ce qui ouvre une brèche temporaire dans le Pacifique occidental au moment où la Chine met à l’épreuve l’attention américaine ailleurs. Le Wall Street Journal a révélé cette rotation, et l’Associated Press a confirmé que le George Washington se trouvait dans le détroit de Malacca, en route vers l’océan Indien après une escale à Da Nang, au Vietnam. Le Lincoln a passé plus de 240 jours consécutifs en mer et plus de 260 jours en déploiement, une durée inhabituellement longue pour un porte-avions moderne, selon l’AP, après avoir été redirigé vers le Moyen-Orient en janvier pour soutenir la guerre en Iran.
Ce déploiement a suscité l’attention du Congrès. Le sénateur Richard Blumenthal a écrit au secrétaire à la Défense Pete Hegseth, citant des informations faisant état de « pénuries de fournitures de base, de contamination de l’eau, de problèmes de plomberie, d’une dégradation de la santé mentale, de problèmes de sécurité sur le pont et de perturbations du courrier », a rapporté Reuters. Hegseth a qualifié ces informations de « totalement déformées », selon The Hill, tandis que Trump a affirmé qu’un amiral à la retraite lui avait assuré que le Lincoln était « magnifiquement entretenu et magnifiquement soigné », selon l’AP.
Le départ du George Washington laisse le Pacifique sans porte-avions américain déployé en avant-poste, alors que l’activité navale chinoise s’intensifie, a rapporté Axios, soulignant l’inquiétude des alliés face à cette brèche dans la dissuasion. Washington continue d’exploiter des bases, des sous-marins, des bombardiers et des forces alliées dans toute la région, mais l’absence d’un porte-avions retire un marqueur de dissuasion visible. La contrainte sous-jacente tient à la génération de forces : la marine dispose de 11 porte-avions, mais seule une fraction d’entre eux est déployable à un instant donné, les navires alternant entre maintenance et périodes de récupération des équipages.
« Cette rotation de porte-avions met en lumière un arbitrage structurel dans le dispositif de forces américain. Le maintien d’une guerre sans fin au Moyen-Orient puise directement dans les navires et les équipages constitués pour la dissuasion dans le Pacifique, alors même que Washington continue d’affirmer pouvoir gérer les deux théâtres à la fois. »


