Le Comité international de la Croix-Rouge a facilité, les 6 et 7 août, le transfert de 15 détenus des mains du gouvernement congolais vers l’alliance rebelle AFC/M23 — premier échange confirmé dans le cadre du mécanisme de Doha, signé en septembre 2025. Le convoi a quitté Béni, tenue par le gouvernement, transitant par l’Ouganda avant d’atteindre le territoire de Rutshuru. Cet itinéraire illustre à quel point l’accès routier direct entre les deux camps demeure limité, dans un contexte de combats persistants au Nord-Kivu.
Cet échange fut restreint. Africanews a rapporté qu’aucun des 15 détenus libérés n’était un commandant de haut rang, ni un condamné à mort, et un échange plus large, portant sur plusieurs centaines de détenus, a déjà manqué une première échéance cette année. Le ministère qatari des Affaires étrangères a salué ce transfert comme une mesure de confiance, mais le profil à faible risque des personnes libérées suggère que les deux camps continuent de retenir leurs atouts les plus significatifs.
Cette bonne volonté fut de courte durée. Selon l’analyse sécuritaire de la guerre au Congo publiée par Critical Threats Project, le M23 a expulsé un représentant du gouvernement congolais du mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu, et des combattants Wazalendo se sont affrontés au M23 près de l’aéroport de Kavumu, au nord de Bukavu, quelques jours plus tard. Aucune de ces deux affirmations n’a encore été corroborée par les agences de presse, et leur incidence sur la surveillance du cessez-le-feu demeure incertaine.
Cette séquence s’inscrit dans un schéma familier de l’est du Congo, où les deux gouvernements se sont appuyés sur des forces alliées ou par procuration — le soutien du Rwanda au M23, la dépendance de Kinshasa envers les Wazalendo — pour maintenir une distance vis-à-vis de leurs engagements formels sur le champ de bataille.


