Israël maintient ouvertes ses options militaires contre l’Iran, alors que de hauts responsables s’interrogent de plus en plus sur les chances de succès de la relance diplomatique menée par Washington, selon des médias israéliens. Un article du Times of Israel, citant la Chaîne 13 et Ynet, indique que des responsables israéliens estiment que la diplomatie finira par échouer, et que le président Donald Trump n’aura alors « pas d’autre choix » que d’ordonner lui-même une attaque de grande ampleur contre l’Iran. Cet article reflète également l’insistance de longue date d’Israël à préserver sa liberté d’action militaire, s’il venait à conclure que la diplomatie a échoué. Ni le gouvernement israélien ni Tsahal n’ont confirmé de décision de lancer une frappe indépendante.
Une campagne unilatérale israélienne se heurterait néanmoins à des contraintes opérationnelles plus importantes, en l’absence d’un soutien direct des États-Unis, en particulier si elle visait des opérations soutenues contre des cibles profondément enfouies ou lourdement défendues. Le renseignement, la logistique et d’autres capacités d’appui américaines élargiraient considérablement les options militaires d’Israël. Cette planification rapportée pourrait donc constituer non seulement des préparatifs militaires de contingence, mais aussi un signal stratégique, destiné à renforcer l’opposition israélienne à toute concession qui, selon elle, laisserait intactes les capacités nucléaires de l’Iran.
Trump a déclaré avoir décidé de suspendre ses projets de nouvelles frappes américaines, après que des partenaires du Golfe — dont le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis — eurent exhorté Washington à laisser une nouvelle chance à la diplomatie. L’Iran a, de son côté, averti qu’une reprise de l’action militaire américaine déclencherait des représailles contre les infrastructures énergétiques du Golfe et les partenaires régionaux. Ces pressions contradictoires contribuent à expliquer pourquoi Washington privilégie de plus en plus une issue négociée et le rétablissement de la stabilité maritime dans le détroit d’Ormuz, tandis qu’Israël demeure concentré sur la nécessité d’empêcher l’Iran de reconstituer des capacités qu’il considère comme une menace existentielle.
Des responsables israéliens ont répété à plusieurs reprises que leur politique de sécurité ne dépendrait pas de l’issue de la diplomatie américano-iranienne. Le chef d’état-major de Tsahal, le général de corps d’armée Eyal Zamir, a déclaré en juin que l’armée était « prête à frapper de nouveau l’Iran par un coup dur et profond ». Le ministre de la Défense, Israel Katz, a de même déclaré, selon des propos rapportés par Fox News, qu’Israël était prêt à mener une nouvelle frappe indépendante, si nécessaire.
Pris ensemble, ces articles des médias israéliens et ces récentes déclarations publiques suggèrent que Jérusalem continue de considérer la pression militaire comme une composante indispensable de sa stratégie face à l’Iran, alors même que Washington recherche une issue diplomatique. Cela ne signifie pas qu’une décision de frappe ait été prise. La planification militaire de contingence relève de la routine, et aucune annonce officielle n’a validé une nouvelle opération.
Le risque stratégique tient à ce que toute action militaire unilatérale israélienne risquerait fort de faire dérailler, ou de compliquer sérieusement, les négociations américano-iraniennes, privant Washington d’une grande partie du levier diplomatique qu’elle s’est efforcée de bâtir depuis des semaines. La région se retrouverait alors face à un paradoxe familier : la désescalade américaine ne se traduirait plus nécessairement par une désescalade israélo-iranienne, si Jérusalem venait à conclure que la diplomatie ne peut contenir de manière adéquate les ambitions nucléaires de l’Iran.


