Le Hamas a signé, le 30 juillet à El-Alamein, en Égypte, un cadre de désarmement en 15 points avec le Conseil de la paix mené par les États-Unis — un engagement écrit inédit à renoncer à ses armes. Cet accord est conçu comme progressif et réciproque : le Hamas se désarmerait district par district, à mesure qu’Israël se retirerait en parallèle. Cette structure entre directement en conflit avec la position israélienne de longue date, selon laquelle la démilitarisation doit être totale avant tout retrait. En l’espace d’une journée, le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a fait savoir que ce cadre restait en deçà de cette exigence, selon le Times of Israel.
Ce rejet relève autant du calcul politique que de l’idéologie. La majorité de coalition de Netanyahou dépend du parti Otzma Yehudit du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et du parti Sionisme religieux du ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui ont tous deux averti qu’ils feraient tomber le gouvernement en cas de retrait effectif. Avec des élections prévues au plus tard le 27 octobre, cela confère à l’extrême droite un droit de veto de facto sur la politique de cessez-le-feu : Netanyahou ne peut accepter cet accord sans mettre en péril sa coalition, ni le rejeter sans risquer une rupture avec Washington.
Cette impasse a des conséquences concrètes sur le terrain. Des responsables israéliens affirment que les troupes ne quitteront pas la « ligne jaune » tant que le Hamas ne sera pas totalement désarmé — une position qui empêche jusqu’ici le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) d’entrer en fonction pour gouverner, et la Force internationale de stabilisation (FIS) de se déployer. Le financement de la reconstruction demeure, lui aussi, bloqué : le propre rapport du Conseil de la paix au Conseil de sécurité de l’ONU reconnaissait, en mai, que l’essentiel des 17 milliards de dollars promis en février n’avait toujours pas été décaissé.


