Le mouvement houthi du Yémen affirme avoir frappé, le 22 juillet, deux pétroliers battant pavillon saoudien en mer Rouge — la première attaque contre un pétrolier depuis qu’il a déclaré, deux jours plus tôt, un blocus visant le transport maritime lié à l’Arabie saoudite. Le porte-parole militaire Yahya Saree a affirmé que les deux navires, l’Encelia et le Layla, avaient enfreint l’ordre de blocus, selon Al Jazeera.
Seule la frappe contre l’Encelia est confirmée. L’agence de presse saoudienne SPA a indiqué que le pétrolier avait pris feu près de la proue en transitant par la mer Rouge, et que l’ensemble de l’équipage était sain et sauf, citant un responsable de l’Autorité générale des transports du royaume, selon Al Jazeera. La SPA n’a fourni aucune mise à jour concernant le Layla. La frappe revendiquée contre ce dernier navire reste, à ce stade, invérifiée et doit être considérée comme une simple revendication houthie, et non comme un fait confirmé, selon Portnews.
L’Encelia avait quitté le terminal saoudien de Yanbu le 20 juillet avant d’être touché à environ 70 milles marins au sud-ouest d’Al-Shuqaiq, selon Seatrade Maritime. Yanbu est devenu la principale voie de contournement de l’Arabie saoudite pour exporter son brut sans transiter par le détroit d’Ormuz, perturbé par l’Iran, les volumes acheminés par oléoduc vers ce port ayant quadruplé depuis l’escalade du conflit iranien, selon Seatrade Maritime. Frapper un pétrolier lié à Yanbu ouvre la perspective d’un étranglement coordonné visant simultanément les deux corridors maritimes d’exportation de l’Arabie saoudite. Aucune coordination officielle entre Téhéran et les Houthis n’a toutefois été confirmée concernant cette frappe précise.
Les Houthis n’ont pas besoin de couler des navires pour perturber le commerce. Une seule frappe confirmée suffit déjà à redéfinir le calcul du risque pour les assureurs et les armateurs. Munro Anderson, collègue de l’analyste en sécurité maritime Corey Ranslem, cité par Seatrade Maritime, a indiqué que les primes d’assurance contre les risques de guerre étaient passées d’environ 0,3 % à 0,75 % de la valeur des navires pour les traversées du sud de la mer Rouge depuis la frappe contre l’Encelia, et a prédit un contrôle plus poussé de la propriété des navires, de l’origine des cargaisons et des récentes escales dans des ports saoudiens, en particulier autour de Yanbu. Au moins neuf pétroliers ont modifié leur route après l’annonce du blocus, dont trois avaient chargé à Yanbu, selon Euronews.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a abordé directement cette menace lors d’un échange avec la presse à Manille, déclarant que les États-Unis étaient « en contact avec les Saoudiens… au cours de la semaine écoulée » sur ce dossier, et présentant l’Iran comme le « fauteur de troubles dans la région », pour avoir facilité des vols des Gardiens de la révolution islamique vers le Yémen, selon une transcription du département d’État américain.


