L’Arabie saoudite prépare une offensive majeure contre les Houthis, par voie maritime et éventuellement terrestre, dans le centre du Yémen, dans le but de briser un blocus qui étrangle ses exportations de pétrole transitant par le sud de la mer Rouge, selon le Guardian, qui rapporte que les forces saoudiennes se retirent de l’est du Yémen et se massent près d’al-Bayda, un gouvernorat conquis par les Houthis en 2020 et 2021, tout en constituant une coalition maritime réunissant 14 pays — dont la Turquie, le Pakistan, l’Égypte, le Soudan et Djibouti — chargée de protéger le trafic maritime en mer Rouge. Toute offensive terrestre s’appuierait probablement sur des forces yéménites soutenues par Riyad, épaulées par la puissance aérienne et le renseignement saoudiens, conformément à l’approche adoptée par Riyad tout au long de la guerre, plutôt que sur une invasion directe menée par des divisions régulières de l’armée saoudienne.
Cette constitution d’une coalition traduit une stratégie délibérée : en recrutant des partenaires arabes et à majorité musulmane, plutôt qu’en s’appuyant uniquement sur des missions navales occidentales telles que l’opération Prosperity Guardian dirigée par les États-Unis, Riyad peut présenter l’endiguement des Houthis comme une réponse pilotée par la région elle-même.
L’impasse actuelle demeure distincte de la crise que connaît, par ailleurs, le détroit d’Ormuz. Ce blocus, annoncé le 20 juillet, a été présenté par les dirigeants houthis comme des représailles à une frappe contre l’aéroport de Sanaa, qu’ils ont attribuée à l’Arabie saoudite, selon Al Jazeera, et vise Bab el-Mandeb plutôt que le détroit fermé par l’Iran de l’autre côté de la péninsule.
Les combats se sont intensifiés ces derniers jours, les défenses antiaériennes saoudiennes ayant intercepté deux missiles balistiques tirés depuis le Yémen, selon CNBC, après que les forces houthies ont revendiqué des frappes contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge. Si Téhéran conserve une influence politique sur Ansar Allah, les opérations menées par le groupe en mer Rouge semblent, elles, obéir à des logiques locales susceptibles de devancer toute avancée diplomatique irano-omanaise sur le dossier d’Ormuz.
Cette escalade actuelle défait une trêve qui tenait depuis un cessez-le-feu négocié sous l’égide de l’ONU en 2022, selon Ynetnews, mettant fin à des années de guerre ouverte entre Riyad et les Houthis.


