L’Iran et Oman se sont rapprochés d’un accord intérimaire sur la gestion du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, premier signe de progrès diplomatique depuis des semaines, alors que des médiateurs tentent de désamorcer l’impasse autour de cette voie navigable stratégique, selon le Financial Times. Dans une déclaration conjointe, Téhéran et Mascate ont indiqué avoir discuté d’un « cadre proposé » pour un corridor maritime temporaire et un projet de déminage du détroit, les négociations techniques se poursuivant en vue d’un dispositif permanent.
Ce cadre confère à l’Iran davantage de levier qu’une simple solution technique ne le laisserait supposer. Tout plan de déminage nécessite la coopération iranienne pour identifier et neutraliser les munitions dans ses propres eaux, ce qui donne à Téhéran un droit de veto de fait sur le rythme de toute réouverture. Des responsables iraniens ont indiqué qu’un accord avec Oman ne signifierait pas un retour immédiat à un trafic fluide, et que Washington doit d’abord lever son blocus naval sur les ports iraniens et rétablir une dérogation permettant à l’Iran d’exporter du pétrole. Des personnes informées des négociations ont indiqué que le corridor à l’étude ferait entrer les navires par les eaux iraniennes et les ferait sortir principalement par les eaux omanaises, un dispositif qui maintiendrait le trafic à portée des défenses côtières iraniennes sur une grande partie du trajet.
Washington et Téhéran ne s’accordent pas non plus sur la manière de qualifier l’impasse actuelle. Les responsables iraniens décrivent le dispositif naval américain comme un « blocus illégal ». Le Commandement central des États-Unis présente la même activité comme une opération de sécurité et de conformité, dans le cadre de ce que les responsables ont baptisé « Project Freedom », selon le Christian Science Monitor. Des juristes ont relevé que la revendication iranienne d’un contrôle sur le détroit et le recours de Washington à la seule force militaire reposent tous deux sur un fondement juridique contesté, selon Just Security.
Gregory Brew, analyste principal chez Eurasia Group, a déclaré que les escortes navales américaines qui maintiennent actuellement la circulation du pétrole dans le détroit constituent « un pansement, non une solution permanente », avertissant qu’« une impasse perpétuelle n’est pas un statu quo durable ». La préoccupation n’est pas seulement politique : le détroit se resserre à environ 21 milles nautiques à son point le plus étroit, et chaque convoi escorté accroît le risque d’un mauvais calcul dans des eaux revendiquées à la fois par l’Iran et par Oman.
La position d’Oman en tant que médiateur de confiance est elle aussi mise à rude épreuve. Mascate serait devenue réticente à l’idée de céder sous la pression sa souveraineté sur ses propres eaux, alors même que Trump a averti la semaine dernière qu’il « bombarderait Oman sans relâche » si le pays « se mettait en travers » de la réouverture du détroit, une menace formulée lors d’un entretien téléphonique avec le correspondant de Fox News Trey Yingst. Des responsables iraniens ont présenté cette menace comme la preuve que c’est Washington, et non l’Iran, qui fait obstacle à un règlement. La façon dont cette présentation sera reçue pourrait déterminer la marge de manœuvre qu’il reste à Mascate pour conclure un accord intérimaire avant que l’impasse ne se durcisse davantage.


