Des drones ukrainiens ont frappé la plateforme logistique d’Ozon à Tchapaïevsk, dans la région russe de Samara, tôt samedi — la première fois que l’Ukraine vise directement une installation d’Ozon, après une campagne d’un mois centrée sur son concurrent Wildberries, selon Meduza. Les précédents dégâts subis par Ozon, notamment un incident survenu le 31 juillet à Zelenodolsk, résultaient de frappes visant des entrepôts Wildberries voisins, les sites logistiques des deux entreprises étant souvent construits l’un à côté de l’autre.
Le complexe de Tchapaïevsk s’étend sur 135 000 mètres carrés et représente un investissement d’environ 5 milliards de roubles de la part d’Ozon, auquel s’ajoute une somme similaire investie par le promoteur du site, ce qui en fait l’une des plus grandes plateformes logistiques de la région russe de la Volga, selon Ukrainska Pravda. Ozon a indiqué que plus de 500 employés avaient été évacués quelques minutes avant la frappe, faisant état de certains blessés, et a confirmé que les activités du site avaient été suspendues indéfiniment, selon le Moscow Times. Le gouverneur de la région de Samara, Viatcheslav Fedorichtchev, a confirmé l’attaque contre le complexe logistique.
La campagne ukrainienne d’un mois contre les entrepôts des plateformes de commerce en ligne, lancée le 18 juillet avec des frappes sur des sites Wildberries à Kotovsk et Elektrostal, est présentée par les autorités ukrainiennes comme visant des infrastructures liées à l’économie de guerre russe plutôt que le commerce de détail ordinaire. Le média d’investigation Verstka a établi que Wildberries hébergeait à lui seul des centaines de millions de roubles de ventes de biens à usage militaire, notamment des composants de drones FPV, des câbles à fibre optique pour drones et des équipements de vision thermique, ces ventes ayant chuté de 20 à 40 % après le début des frappes. Un analyste cité par Novaya Gazeta Europa a toutefois averti que l’essentiel de cet approvisionnement transite par des réseaux de volontaires et des achats privés plutôt que par le système d’approvisionnement officiel du ministère russe de la Défense, ce qui signifie que l’effet de ces frappes sur l’approvisionnement du front pourrait être plus limité que leur impact économique sur les plateformes elles-mêmes.
Par ailleurs, un important incendie s’est déclaré dans la nuit à Kolpino, près de Saint-Pétersbourg, dans un entrepôt sans lien avec les frappes confirmées de samedi ; les autorités russes n’en ont pas précisé la cause.


