La Chambre des représentants américaine a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars pour les priorités du président Donald Trump — dont environ 60 milliards pour le Pentagone et 13 milliards pour le renseignement et la sécurité nationale —, mais ces fonds sont loin d’être garantis. Le vote, adopté par 216 voix contre 214, rejeté par l’ensemble des démocrates ainsi que par deux républicains et un indépendant, ne fait que fixer des instructions de réconciliation budgétaire ; il ne débloque pas, à lui seul, les fonds, qui ne pourront être versés qu’une fois qu’un texte définitif aura été adopté par les deux chambres.
Cette voie reste incertaine. La procédure de réconciliation permettrait au Sénat d’adopter un texte à la majorité simple, mais les républicains y sont divisés sur son coût et sa structure, tandis que les faucons budgétaires et les démocrates campent sur leurs positions. La Chambre a quitté Washington jusqu’en septembre.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a chiffré le coût de la guerre, à ce jour, à 37,5 milliards de dollars, et sollicite plusieurs dizaines de milliards supplémentaires pour reconstituer les stocks d’armements. Semafor a rapporté que cette estimation est considérée, en interne, comme sous-évaluée, citant un responsable américain selon lequel des chiffres plus bas avaient été communiqués pour éviter « une mauvaise séquence médiatique », et évaluant le coût réel probable de la guerre à plus de 100 milliards de dollars. Le même article indique que le Pentagone a commencé à réduire les activités d’entraînement afin de dégager des fonds pour les opérations dans le Golfe.
La pression est autant politique que budgétaire. Un sondage Reuters/Ipsos a révélé qu’environ la moitié des Américains jugeaient que la guerre ne valait pas son coût, et que 79 % s’attendaient à un engagement américain prolongé. Alors que les campagnes des élections de mi-mandat sont déjà lancées, cette bataille budgétaire reflète un problème plus vaste : la guerre s’est révélée plus longue, plus coûteuse et politiquement moins soutenable que la victoire rapide initialement promise par Trump.


