Le président américain Donald Trump a déclaré tôt dimanche avoir annulé une frappe prévue contre l’Iran, après que Téhéran et des puissances régionales eurent demandé davantage de temps pour parvenir à un accord visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, a rapporté Bloomberg. Il s’agit au moins de la troisième fois depuis le début de la guerre, en février, que Trump menace de frappes massives avant de suspendre sa décision à l’approche de l’échéance, invoquant des avancées dans les négociations — un cycle déjà observé en mars, en avril et désormais en août.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a appelé Trump samedi, l’exhortant à privilégier « le dialogue afin de réduire l’escalade », a indiqué l’Agence de presse saoudienne, dans un contexte de pression similaire exercée par le Qatar, les Émirats arabes unis, la Turquie et le Pakistan. Les États du Golfe ont leurs propres intérêts en jeu : les forces iraniennes ont déjà frappé des navires et, plus tôt dans la guerre, des cibles liées au Koweït et à Oman, laissant les infrastructures énergétiques régionales à portée de tir.
Le message publié par Trump sur Truth Social ne comportait aucun texte d’accord public ni mécanisme de vérification concernant la « fin de la menace nucléaire iranienne » qu’il évoquait — une lacune qui s’est répétée à chaque annonce de pause cette année.
Le ministère iranien de la Défense a balayé cette annonce, la qualifiant d’action relevant « d’opérations psychologiques », a rapporté Al Jazeera — une posture conforme au schéma habituel de Téhéran, qui rejette publiquement chaque pause plutôt que de donner l’impression de céder.
Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large d’Oman vendredi, selon le centre britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO), inscrivant cet incident dans une série d’attaques survenues dans le détroit d’Ormuz depuis la reprise des combats.
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran ont débuté lundi, comme Trump l’avait annoncé, le président qualifiant un accord d’« imminent ». Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a par ailleurs indiqué que les pourparlers avec Oman sur les routes maritimes du détroit d’Ormuz en étaient à leurs « ultimes étapes », tout en précisant que le ministère iranien des Affaires étrangères considère ce dossier comme distinct de la question de la réouverture du détroit lui-même. Les médias d’État iraniens n’ont fourni aucun élément indiquant que Téhéran ait effectivement demandé aux États-Unis de suspendre leurs frappes.


