L’administration Trump a fait circuler auprès des alliés de l’Otan un questionnaire confidentiel évaluant leur loyauté envers les politiques du président, dans la perspective d’une possible réduction des moyens militaires américains en Europe, selon des informations de Bloomberg. Ce document demande à chaque pays s’il a « publiquement soutenu » la politique étrangère américaine et quelles restrictions il a imposées à l’usage de ses bases par les forces américaines.
Ce questionnaire renvoie directement à des différends qui divisent déjà l’Alliance. Il demande aux alliés s’ils se rallient à l’approche « ferme, claire et discrète » associée au secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et revient sur les restrictions d’accès aux bases après que l’Espagne avait interdit aux États-Unis d’utiliser certaines de ses installations pour des frappes contre l’Iran, a rapporté Raw Story. Selon Bloomberg, le document aborde également la réaction européenne au raid mené par les États-Unis en janvier, qui avait permis de capturer le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro — une opération largement perçue en Europe comme une violation du droit international.
Cet examen porte également sur la loyauté en matière industrielle et de défense, demandant si les alliés orientent leurs contrats vers des entreprises américaines et s’ils se sont opposés aux politiques d’achat « Made in Europe », a rapporté le Daily Beast, créant une tension avec la volonté, simultanée, de Washington de voir l’Europe gagner en autonomie.
Les alliés ont réagi avec inquiétude, y voyant une tentative de conditionner des garanties de sécurité de longue date à un alignement idéologique. L’Otan a reconnu l’existence de discussions avec Washington au sujet de cet examen plus large, sans commenter le document lui-même.
Cet épisode s’ajoute à un schéma plus large documenté par le Daily Beast, incluant des initiatives proches de Trump visant à renforcer les forces politiques de droite en Allemagne et en Hongrie. La question de savoir si les futures garanties de sécurité américaines reposeront sur un intérêt stratégique partagé, ou de plus en plus sur des conditions fixées par Washington, reste posée pour l’ensemble de l’Alliance.


