Le gouvernement soudanais aligné sur l’armée a rejeté les allégations américaines selon lesquelles les Forces armées soudanaises auraient utilisé des armes chimiques dans la guerre civile, déclarant au Conseil de sécurité de l’ONU que Washington n’avait fourni de preuves ni à Khartoum ni à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
Le chargé d’affaires Ammar Mohamed Mahmoud a invoqué la destruction en 1998 par les États-Unis de l’usine pharmaceutique Al-Shifa à Khartoum et les renseignements discrédités présentés avant l’invasion de l’Irak en 2003. L’agence de presse d’État soudanaise a publié sa déclaration le 16 juillet.
Les États-Unis ont réitéré l’accusation lors d’un briefing du Conseil du 15 juillet. Washington avait conclu en 2025 que des armes chimiques avaient été utilisées au Soudan en 2024 et imposé des sanctions, sans toutefois divulguer les renseignements sous-jacents.
Lors du Conseil exécutif de l’OIAC ce mois-ci, le Soudan a présenté une enquête interne ne trouvant aucune preuve, tandis que les États-Unis exigeaient des inspections sans restriction.
Aucune enquête de l’OIAC n’a confirmé l’allégation. Human Rights Watch a indiqué qu’une enquête de France 24 avait produit les premiers éléments compatibles avec une possible utilisation de chlore sur deux sites au nord de Khartoum, et a appelé à une enquête indépendante.
L’allégation s’inscrit aux côtés d’un dossier documenté plus large. Une mission d’enquête de l’ONU a accusé tant les FAS que les Forces de soutien rapide de crimes de guerre, tandis que Human Rights Watch a documenté des abus commis par des forces affiliées aux FAS. La CPI enquête sur des atrocités commises pendant la guerre au Darfour, mais n’a annoncé ni affaire ni mandat d’arrêt en lien avec des armes chimiques dans ce conflit.
Washington sanctionne sans divulguer ses preuves, le Soudan s’appuie sur sa propre enquête, et aucune inspection indépendante des sites allégués n’a eu lieu.


