La Commission européenne exhorte les États membres à puiser dans leurs stocks nationaux d’intercepteurs Patriot pour en faire bénéficier l’Ukraine, qualifiant cette démarche de « priorité inconditionnelle », a déclaré jeudi la porte-parole Anitta Hipper, selon Babel. Au-delà de cet appel direct, le mécanisme de prêts SAFE de l’UE permet désormais à Kiev de demander un financement pour acheter des intercepteurs auprès de fournisseurs extérieurs à l’Union lorsque les systèmes requis ne peuvent être produits ou acquis au sein du bloc — une solution de contournement face aux capacités de production européennes de Patriot, elles-mêmes limitées, selon United24 Media.
La Pologne, de son côté, attend une décision dans les prochains jours concernant le transfert d’un nouveau lot de missiles Patriot, a indiqué sur RMF FM la vice-ministre de la Défense, Magdalena Sobkowiak-Czarnecka, précisant que tout transfert reste subordonné à des garanties de réapprovisionnement de la part des États-Unis et de l’Otan, comme ce fut le cas lors du précédent don de Varsovie, selon RMF24. Elle a précisé que le ministre de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, penche désormais en faveur de cette décision, la présentant moins comme un enjeu de politique intérieure que comme un élément de défense aérienne avancée : il préférerait qu’un tel missile « soit abattu au-dessus de l’Ukraine plutôt qu’il ne s’abatte chez nous », un calcul influencé par la chute d’un missile russe près de Lublin fin juillet.
Cette urgence reflète un déficit d’approvisionnement croissant. Le président Volodymyr Zelensky a déclaré à CNN que l’Ukraine ne dispose que de 1 % des intercepteurs Patriot dont elle a besoin, avertissant que ce chiffre marque un seuil critique : la Russie tire désormais environ deux fois plus de missiles balistiques par mois que ce que peuvent raisonnablement contrer les stocks d’intercepteurs ukrainiens, en baisse constante.


