L’Ukraine et la Russie ont échangé, dans la nuit du 16 août, des frappes de grande ampleur : des drones ukrainiens ont touché des plateformes logistiques liées à l’armée dans l’oblast de Moscou, tandis que des missiles et des drones russes frappaient Kiev, Kremenchouk et Kryvyï Rih.
Selon des canaux Telegram, des drones ont touché l’entrepôt Wildberries de Kolédino, décrit comme la plus grande installation du distributeur, provoquant un important incendie, ainsi que la plateforme logistique de Severnoïe Domodedovo, l’un des plus grands complexes russes de production et de logistique de classe A. Les autorités locales auraient indiqué qu’un entrepôt de médicaments situé à proximité avait également pris feu, et la défense antiaérienne russe aurait touché des immeubles résidentiels à Tchekhov en tentant d’intercepter l’attaque. Wildberries propose sur sa plateforme des composants de drones et des gilets pare-balles, et l’UE a sanctionné sa filiale bancaire en juillet en raison de sa contribution financière au budget de l’État russe, a rapporté le Kyiv Independent.
Les frappes répétées contre les installations de Wildberries ont déjà mis à rude épreuve la défense antiaérienne russe à l’arrière du front. L’Institute for the Study of War estimait en juillet que Moscou déployait en urgence des systèmes Pantsir supplémentaires dans l’ensemble de l’oblast de Moscou en réponse à ces attaques, a rapporté The New Voice of Ukraine.
L’armée de l’air ukrainienne a indiqué que la Russie avait combiné, dans la nuit, des missiles Oniks, Iskander-M, S-400 et KN-23 avec des bombes guidées Kh-59/69 et 106 drones de type Shahed, dans des frappes visant les oblasts de Kiev, de Poltava et de Dnipropetrovsk — un schéma de saturation dont Al Jazeera affirme qu’il met à rude épreuve les stocks d’intercepteurs ukrainiens, déjà en baisse. Les forces ukrainiennes ont indiqué avoir abattu ou neutralisé 88 cibles, dont trois missiles Kh-59/69 et 85 drones, avec des impacts recensés sur 13 sites. À Kiev, des habitants ont signalé des explosions dans le centre-ville et dans le district de Petcherskyï quelques minutes après le déclenchement de l’alerte aérienne, avec des incendies s’étant déclarés dans les districts d’Obolonskyï et d’Holossiïvskyï, a indiqué l’administration militaire de la ville de Kiev.
Ces échanges illustrent l’asymétrie de la guerre : les drones ukrainiens, peu coûteux, mettent à rude épreuve les chaînes d’approvisionnement et la défense antiaérienne russes, tandis que Moscou s’appuie sur des salves de missiles onéreuses pour maintenir la pression sur les villes ukrainiennes.


