Les forces russes ont mené dans la nuit une frappe coordonnée et multidirectionnelle sur l’ensemble de l’Ukraine, concentrant l’essentiel du déluge de feu sur Kiev, dans ce que des responsables de la défense ont décrit comme une tentative de saturer la couverture antiaérienne à plusieurs niveaux de la capitale autour de zones civiles et d’infrastructures densément peuplées. Selon le Kyiv Post, des missiles balistiques et de croisière Kalibr combinés à des drones à réaction ont tué au moins cinq personnes et en ont blessé 23, endommageant un hôpital pédiatrique, une école et un immeuble résidentiel de cinq étages, sur plus d’une douzaine de sites dans la capitale. Par ailleurs, une frappe de drone russe contre le siège de la police à Jytomyr, plus tôt dans la nuit, a tué deux personnes et en a blessé plus de 40, a rapporté le Kyiv Independent.
L’armée de l’air ukrainienne a indiqué que cette salve combinait des armes balistiques Oniks, Zircon, Iskander-M et S-400 avec des missiles de croisière Kh-101/Iskander-K, des missiles Kalibr, deux munitions rôdeuses S8000 « Banderol » et environ 168 drones et leurres de type Shahed, les forces ukrainiennes revendiquant l’interception ou la neutralisation de 186 cibles. Le Banderol — une munition hybride à réaction capable de dépasser les 500 km/h — apparaît de plus en plus fréquemment dans les salves russes ces derniers mois, une tendance qui, selon des responsables et des analystes ukrainiens, accentue la pression sur les stocks d’intercepteurs en obligeant les défenses antiaériennes à engager des cibles plus rapides et plus difficiles à suivre.
Les forces russes ont également frappé le sud de la région d’Odessa, privant d’électricité environ 13 000 abonnés au petit matin et incendiant deux camions-remorques transportant des denrées alimentaires, selon des responsables régionaux.
L’Ukraine a mené sa propre riposte à longue portée, frappant dans la nuit une raffinerie de pétrole dans la région russe du Tatarstan ainsi qu’un terminal pétrolier dans la région de Krasnodar, a rapporté le Kyiv Independent, prolongeant la campagne menée par Kiev pour dégrader les capacités de raffinage russes et la logistique d’exportation en mer Noire, à l’origine de pénuries récurrentes de carburant en Russie.
Les échanges de cette nuit reflètent une asymétrie structurelle que chaque camp s’efforce d’exploiter : la capacité de la Russie à saturer les défenses antiaériennes ukrainiennes plus vite que les stocks d’intercepteurs alliés ne peuvent être reconstitués, face à la stratégie ukrainienne consistant à faire peser un coût direct sur les infrastructures de raffinage et d’exportation qui financent la guerre de Moscou.


