Les chefs militaires rivaux de Libye se sont rencontrés pour la première fois sur sol libyen, tenant des pourparlers directs à Syrte le 12 juillet sur la réunification des forces armées divisées entre les centres de pouvoir oriental et occidental du pays.
Le chef d’état-major oriental Khaled Haftar et son homologue occidental Salah al-Din al-Namroush étaient accompagnés de membres de la Commission militaire conjointe 5+5 soutenue par l’ONU, du comité de sécurité 3+3 et de la cheffe politique adjointe de la MANUL, Stephanie Koury, selon des déclarations des deux commandements.
Les pourparlers ont débouché sur un résultat concret : un accord pour organiser un exercice de terrain conjoint dans le sud de la Libye, où les forces patrouillent les routes de contrebande et de migration le long des frontières avec le Tchad et le Niger, selon The National.
Cette réunion s’inscrit dans le cadre d’un effort américain mené par Massad Boulos, conseiller du président Donald Trump pour les affaires arabes et africaines. L’« initiative Boulos » lie les efforts visant à attirer des investissements pétroliers américains à l’unité institutionnelle, selon The National, articulée autour d’une formule de partage du pouvoir qui maintiendrait le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah en fonction tout en élevant un membre de la famille Haftar à un poste exécutif national de haut rang — les informations divergent sur le point de savoir si ce serait Khalifa Haftar ou son fils Saddam qui l’occuperait. Le secrétaire d’État Marco Rubio a rencontré Saddam Haftar fin juin, et les administrations rivales ont signé en avril le premier budget unifié de la Libye depuis plus d’une décennie, le 17 février ayant été avancé comme date possible d’élection présidentielle.
La résistance se durcit à l’ouest. De puissants groupes armés de Misrata ont rejeté le plan, et le Conseil militaire de Misrata a déclaré que l’initiative cherchait à légitimer Haftar et à ouvrir une phase de transition contournant les élections. Des manifestants dans la ville l’ont qualifiée d’accord divisant le pouvoir entre les familles Haftar et Dbeibah.
La réunion de Syrte illustre ainsi une convergence des élites qui devance le consentement populaire : un commandement unifié n’existe pour l’heure que sur le papier, et sa viabilité dépend d’acteurs armés qui n’étaient pas dans la salle.


