La Chine a de nouveau envoyé des navires des garde-côtes dans les eaux à l’est de Taïwan vendredi, prolongeant une campagne que Taipei juge destinée à normaliser l’autorité chinoise en matière d’application de la loi autour des approches pacifiques de l’île.
Taïwan a détecté deux navires des garde-côtes chinois (CCG) le 31 juillet, dont l’un à environ 151 milles nautiques à l’est de l’île aux Orchidées, selon Reuters. Pékin décrit ces opérations comme relevant d’une application de la loi de routine, dans des eaux qu’elle revendique comme relevant de la juridiction chinoise.
Ces patrouilles ont débuté en juin, lorsque les garde-côtes chinois ont déployé un groupe opérationnel mené par le Daishan à l’est de Taïwan. Le 4 juillet, la formation du Xiushan a pris le relais. Les garde-côtes chinois affirment que ces opérations incluent des patrouilles, des inspections, la protection des pêches et des missions de sauvetage, et ont annoncé leur intention de renforcer leur présence dans ce que Pékin qualifie d’eaux relevant de la juridiction chinoise.
Ce cadrage n’est pas anodin. Plutôt que de s’appuyer uniquement sur des déploiements navals, Pékin utilise une force dotée de pouvoirs de police pour démontrer une autorité administrative dans des eaux où Taipei rejette toute juridiction chinoise. Les garde-côtes chinois opèrent sous l’autorité de la Police armée populaire chinoise depuis qu’une réorganisation, en 2018, a placé cette force sous le commandement de la Commission militaire centrale.
La géographie confère à ces patrouilles un poids stratégique supplémentaire. La côte est de Taïwan donne sur le Pacifique ouvert et donne accès à des routes qui pourraient devenir cruciales pour le ravitaillement et le soutien extérieur en cas de conflit. Hualien et Taitung abritent également d’importantes installations militaires taïwanaises, ce qui rend particulièrement sensible toute activité chinoise soutenue sur les approches orientales de l’île.
Taipei rejette l’autorité revendiquée par Pékin. Le Conseil des affaires continentales de Taïwan a déclaré que ces patrouilles violent le droit international, fragilisent le statu quo et menacent la sécurité maritime. Les navires taïwanais ont également reçu instruction de refuser toute demande d’arraisonnement ou d’inspection émanant des garde-côtes chinois.
Rien n’indique que ces patrouilles annoncent un blocus ou une quarantaine imminents. Leur portée réside plutôt dans leur régularité croissante : Pékin utilise des navires dotés de pouvoirs de police pour établir une présence opérationnelle et affirmer sa juridiction dans des eaux stratégiquement importantes, sans pour autant basculer dans une confrontation militaire ouverte.


