Entre 2 000 et 5 000 tonnes métriques d’uranium naturel pourraient avoir quitté la République démocratique du Congo, dissimulées dans des exportations d’hydroxyde de cobalt, entre 2000 et 2024, selon une étude évaluée par des pairs, publiée dans Nature Communications par des chercheurs de Princeton et de l’université du Wisconsin-Madison. Cette quantité pourrait alimenter un réacteur à eau légère pendant 10 à 25 ans, ou, si elle était enrichie, produire une matière fissile suffisante pour environ 600 à 1 500 armes nucléaires, a déclaré le coauteur de l’étude, Sébastien Philippe. Cette étude ne fait état d’aucune contrebande délibérée ni d’aucun détournement à des fins d’armement.
Les chercheurs estiment qu’environ 65 % des expéditions concernées — et donc une grande partie de l’uranium ainsi dissimulé — ont été livrées à des entreprises appartenant à des intérêts chinois. La Chine abrite environ 95 % des capacités mondiales de raffinage de cobalt. L’uranium doit être retiré lors de la transformation de l’hydroxyde de cobalt en métal, créant un sous-produit potentiellement précieux qui, selon les chercheurs, est resté en grande partie non déclaré à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et hors du cadre des garanties internationales. Moins de 10 % de cet uranium a été déclaré, et les chercheurs estiment que les importations chinoises pourraient avoir dépassé chaque année, depuis 2010, les seuils de déclaration prévus par le protocole additionnel chinois auprès de l’AIEA, selon le Financial Times.
Les chercheurs estiment également qu’entre 1 000 et 4 000 tonnes se seraient retrouvées dans les résidus miniers sous une forme chimiquement mobile, faisant peser des risques environnementaux et sanitaires sur les mineurs et les communautés avoisinantes.


