Les marchés boursiers américains ont clôturé mardi à des niveaux record, après que le secrétaire au Trésor Scott Bessent eut déclaré à CNBC qu’un accord sur la réouverture du détroit d’Ormuz pourrait intervenir « aujourd’hui ou demain ». Le S&P 500 a gagné environ 1,8 %, atteignant un nouveau record, son premier depuis juin, tandis que le Dow Jones progressait de plus de 1 000 points et que les cours du pétrole chutaient fortement. Interrogé, à l’antenne, sur la possibilité que l’Iran soit autorisé à percevoir une redevance de transit, Bessent s’est contenté de répondre que tout arrangement garantirait la « liberté de circulation ».
L’Iran maintient qu’il ne négocie qu’avec Oman, et non avec Washington. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré que l’Iran « ne négocie actuellement pas avec les États-Unis ». Un article de Reuters, publié le même matin, indiquait que Téhéran s’attendait à conserver un contrôle sur le trafic entrant comme sortant dans le cadre de cet arrangement en gestation, Oman gérant une route parallèle plutôt que la contrôlant de manière indépendante.
Avant la guerre, l’Iran ne détenait aucune autorité formelle sur le détroit, voie maritime internationale ouverte à tout le trafic. L’accord envisagé permettrait à Téhéran et à Mascate de cogérer le trafic et de percevoir des « frais d’usage » — une formulation conçue pour éviter le poids juridique d’un péage. Oman sert depuis longtemps de canal discret entre Washington et Téhéran, un rôle central dans le mémorandum d’Islamabad, qui avait suspendu la guerre en juin.
Les marchés ont déjà réagi, par le passé, à des annonces de percée sur le dossier d’Ormuz, avant de voir les négociations s’effondrer quelques jours plus tard. Une échéance similaire, en avril, n’avait débouché sur aucun accord, faisant au contraire momentanément dépasser au pétrole la barre des 117 dollars le baril. Reste à savoir, comme pour le reste de cette négociation, si le rebond boursier de mardi traduit une véritable résolution, ou constitue un nouveau pari prématuré sur la paix.


