Le président américain Donald Trump lors d’un événement dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, le 10 août 2026, à Washington. Source : Anna Moneymaker / Getty Images / AFP.
Le président Donald Trump a rejeté la demande de compensation formulée par l’Iran pour les dommages de guerre, affirmant sur Truth Social que l’Iran « devrait être tenu responsable des dommages et des morts causés aux populations du Liban, de la Syrie, du Yémen et de Gaza ». Cet échange ajoute un nouvel obstacle aux pourparlers sur la réouverture du détroit d’Ormuz, sévèrement contraint depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran en février. Trump a par ailleurs déclaré aux journalistes, à la Maison-Blanche, que son administration chercherait à obtenir des compensations couvrant environ 50 ans de morts présumées liées à l’Iran, y compris des victimes américaines et régionales.
Ce différend s’est intensifié après que l’Iran eut conditionné la réouverture du détroit à une liste de concessions américaines. Reuters a rapporté que des responsables sécuritaires iraniens avaient affirmé que Washington devait mettre fin à la guerre et débloquer les avoirs iraniens gelés, tandis que de précédentes exigences iraniennes incluaient la levée du blocus naval et le paiement de compensations pour les dommages de guerre. L’AP a rapporté que l’administration Trump revenait vers les sanctions et la pression économique, d’autres stratégies visant à mettre fin à la guerre s’étant enlisées.
Les enjeux économiques sont déjà visibles. Le Wall Street Journal a rapporté que les exportations de brut transitant par le détroit étaient tombées à environ 2,2 millions de barils par jour la semaine dernière, contre environ 8,5 millions un mois plus tôt, à comparer aux quelque 20 millions de barils par jour de pétrole et de produits pétroliers qui transitaient par Ormuz avant le conflit. Le Brent est revenu, cette semaine, vers les 90 dollars le baril, les espoirs d’un accord à court terme s’amenuisant.
Les producteurs du Golfe s’ajustent à cette réalité. Le même article du Wall Street Journal indique que des responsables régionaux considèrent de plus en plus le contrôle iranien du détroit comme durable, certains le jugeant désormais préférable à une reprise des combats susceptible de mettre en péril les infrastructures énergétiques du Golfe. Les États du Golfe, précise l’article, ne disposent d’aucun moyen fiable de garantir la sécurité ou l’ouverture du détroit, indépendamment de la coopération de Téhéran.
Pour l’heure, les deux camps parlent le langage du paiement, du levier de pression et de la punition, plutôt que celui de la désescalade. Le détroit demeure ainsi contraint, et les marchés de l’énergie exposés à de nouveaux chocs, éloignant les négociateurs de tout compromis limité sur l’accès maritime.


