La commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset a voté lundi la prolongation de la mobilisation d’urgence des réservistes de Tsahal jusqu’au 30 septembre, tout en abaissant le plafond maximal de mobilisation de 280 000 à 240 000 réservistes, selon le Times of Israel. Cette prolongation remplace un ordre arrivé à expiration fin juillet, prolongeant ainsi un cycle de renouvellements d’urgence en vigueur depuis le début de la guerre contre le Hamas, en octobre 2023.
Si cette nouvelle autorisation réduit le plafond légal, elle ne marque pas pour autant un retour à des effectifs de temps de paix. Elle traduit plutôt un effort visant à concilier des besoins opérationnels soutenus avec la charge croissante pesant sur les forces de réserve israéliennes, alors que l’armée poursuit ses opérations à Gaza tout en maintenant des déploiements en Cisjordanie, le long de la frontière libanaise et en Syrie.
La pression sur les effectifs devient de plus en plus explicite. En juillet, le chef de la direction du personnel de Tsahal, le général de division Dado Bar Kalifa, a averti que l’allongement du service militaire obligatoire « n’élimine pas la nécessité d’élargir le vivier de conscrits », précisant que l’armée fait toujours face à une pénurie d’environ 12 000 soldats, dont 7 000 combattants, selon le Times of Israel.
La Knesset a déjà réagi en allongeant à 32 mois la durée du service militaire obligatoire pour la plupart des conscrits, faisant valoir que cette mesure était nécessaire pour maintenir les effectifs pendant des opérations prolongées, selon la Knesset. Les responsables militaires ont toutefois constamment affirmé qu’un allongement du service ne pouvait, à lui seul, résoudre le déficit structurel d’effectifs de Tsahal.
L’un des principaux obstacles demeure la question politiquement sensible de l’enrôlement des ultra-orthodoxes (Haredim). Bien que la Cour suprême israélienne ait jugé, en 2024, que les exemptions générales de conscription ne pouvaient plus se poursuivre, la question reste politiquement irrésolue. Plus tôt ce mois-ci, la Knesset a adopté une loi gelant les mesures coercitives contre de nombreux réfractaires haredim, tandis que se poursuivent les négociations sur un cadre d’enrôlement plus large, selon l’Associated Press.
Dans ce contexte, le vote de lundi apparaît moins comme un renouvellement administratif de routine que comme un nouvel indice qu’Israël s’installe dans un état prolongé de préparation militaire accrue. Si le gouvernement a modestement abaissé le nombre maximal de réservistes qu’il peut mobiliser, cette décision suggère qu’il continue de prévoir que des besoins sécuritaires simultanés, sur plusieurs fronts, nécessiteront de larges pouvoirs d’urgence bien avant l’automne.


