Les Houthis du Yémen ont affirmé mercredi avoir frappé deux autres pétroliers liés à l’Arabie saoudite, à quelques heures d’intervalle — le pétrolier Wafa, au large de Yanbu, dans le nord de la mer Rouge, et le pétrolier Daisy, dans le golfe d’Aden, que le porte-parole militaire Yahya Saree a affirmé avoir « contraint à rebrousser chemin ». Cyprus Mail rapporte qu’aucune confirmation n’est venue d’Arabie saoudite concernant l’une ou l’autre de ces revendications, et qu’aucune n’a pu être vérifiée de manière indépendante.
La frappe visant le Wafa a suscité un examen attentif : la société de renseignement maritime Windward, citée par OilPrice.com, a indiqué que le pétrolier avait cessé d’émettre son signal depuis le 19 juillet, et avait probablement fait demi-tour vers les eaux saoudiennes, bien en dehors de la zone de blocus déclarée par les Houthis, avant d’être touché. Cesser d’émettre son signal, ont précisé les analystes, « n’a pas retiré ce navire de la liste des cibles ».
Cette campagne maritime s’accompagne d’une escalade sur terre : les forces houthies ont frappé, mardi, l’aéroport de Najran, près de la frontière saoudo-yéménite, à l’aide d’un drone, touchant le radar de l’installation et suspendant les vols, a rapporté Kurdistan24 — une frappe que Saree a présentée comme des représailles à des survols de drones saoudiens au-dessus des provinces yéménites de Saada et Hajjah. L’Arabie saoudite a répliqué par des frappes aériennes contre des positions houthies, marquant les combats les plus graves entre les deux camps depuis la trêve de 2022.
Des analystes avertissent que ces deux fronts convergent. Des responsables militaires yéménites ont indiqué à Reuters que les renforts de première ligne entre forces houthies et forces soutenues par l’Arabie saoudite constituent désormais les préparatifs de guerre les plus sérieux depuis la trêve de 2022 — accroissant le risque que la campagne maritime contre le transport saoudien et le renforcement militaire le long de la frontière ne constituent plus deux crises distinctes, mais une seule et même dérive vers une guerre totale.


