La CIA a discrètement mis en place une cellule dédiée exclusivement à Cuba, a rapporté le New York Times mercredi, dans le cadre d’une campagne de pression plus large : Washington a élevé Cuba au rang de « Priorité 1 » dans ses priorités de renseignement, aux côtés de la Chine, de l’Iran et de la Russie, poussant la NSA et la National Geospatial-Intelligence Agency à réorienter des moyens satellitaires vers l’île. Ce renseignement alimente désormais un second volet : des analystes de la CIA suivent les flux financiers et les activités commerciales de l’élite dirigeante cubaine, avec pour projet de divulguer publiquement leurs conclusions, afin de nuire à des réputations et d’accentuer les fractures au sein de la direction.
La Havane a rejeté catégoriquement cette opération. « Cuba est depuis longtemps la cible de l’espionnage, de la subversion et des tentatives de déstabilisation de la CIA », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Carlos Fernández de Cossío, dans une déclaration transmise directement au Times, arguant que Washington n’avait aucune légitimité à qualifier Cuba de menace, alors que l’île ne faisait qu’exercer son droit à la légitime défense.
Des responsables américains décrivent ce mandat comme plus restreint que celui de la cellule Cuba créée par la CIA en 1960, qui avait supervisé l’échec de l’invasion de la baie des Cochons. Cette nouvelle unité n’est pas autorisée à entraîner des forces armées par procuration, ni à mener des opérations létales. Mais ce même renforcement du renseignement met également à jour les options militaires américaines de contingence concernant Cuba, et fait suite à une visite effectuée à La Havane en mai par le directeur de la CIA, John Ratcliffe, qui avait averti des responsables que le temps venait à manquer — une référence implicite à l’effondrement rapide, soutenu par les États-Unis, connu par le Venezuela plus tôt cette année.


