L’offensive russe de printemps-été n’a produit aucun gain opérationnellement significatif plus de quatre mois après son lancement, mi-mars, alors même que Moscou intensifie ses frappes de missiles, de drones et de bombes planantes contre les villes et les infrastructures ukrainiennes, a estimé l’Institute for the Study of War.
L’ISW a cartographié 37,85 kilomètres carrés de gains russes confirmés en juillet, ou 121,56 en intégrant les infiltrations, très en deçà des 455,74 kilomètres carrés conquis par la Russie en juillet 2025. Des infiltrations répétées autour de Kostiantynivka n’ont pas permis de s’emparer de la ville.
L’état-major général ukrainien a estimé à 42 860 les pertes russes en juillet, le total mensuel le plus élevé rapporté en 2026, soit, selon le calcul de l’ISW, environ 1 132 pertes par kilomètre carré conquis. Cette estimation ne peut être vérifiée de manière indépendante. L’ISW attribue ce ralentissement aux contre-attaques ukrainiennes, aux frappes de portée intermédiaire et à la domination des drones, qui restreignent les mouvements de véhicules et les manœuvres mécanisées russes.
La Russie compense au-dessus du champ de bataille. L’ISW a indiqué que la Russie consommait ses missiles balistiques plus vite que son estimation de production mensuelle, recourant de plus en plus aux missiles S-400 et Tsirkon dans des rôles d’attaque au sol pour compenser ces pénuries. Son déluge de feu du 31 juillet au 1er août s’est concentré sur l’oblast de Kyiv, afin d’exploiter la pénurie ukrainienne d’intercepteurs Patriot : neuf personnes ont été tuées et au moins 27 blessées dans le seul district de Solomianskyï, à Kyiv, dont quatre enfants, après que l’Ukraine n’eut intercepté qu’un seul des 27 missiles balistiques tirés cette nuit-là.
Incapable de percer sur le terrain, la Russie s’efforce désormais d’épuiser les stocks limités d’intercepteurs ukrainiens plus vite que les alliés occidentaux ne peuvent les remplacer.


