La Chine et l’Indonésie tiendront, ce mois-ci, leur premier exercice naval conjoint dans des eaux à l’est de Taïwan, a annoncé mardi le ministère chinois de la Défense nationale, marquant une expansion modeste, mais symboliquement significative, de la coopération de défense bilatérale dans le Pacifique occidental. Le ministère a précisé qu’un seul navire de guerre chinois, la frégate lance-missiles guidés de type 054A Honghe, mènerait un exercice de navigation bilatéral avec un navire de la marine indonésienne, à la mi-août, axé sur des exercices de communication et de ravitaillement en mer, selon Reuters. Ni le ministère taïwanais de la Défense ni la marine indonésienne n’ont immédiatement répondu aux demandes de commentaire de Reuters.
Cet exercice fait suite au lancement, par la Chine, de patrouilles régulières de ses garde-côtes au large de la côte est de Taïwan en juin, s’inscrivant dans un effort plus large de Pékin visant à étendre sa présence au-delà du détroit de Taïwan, selon Reuters. Mener un exercice bilatéral dans ces mêmes eaux, avec un partenaire d’Asie du Sud-Est, souligne la confiance opérationnelle croissante de la Chine dans le Pacifique occidental, même si ni Pékin ni Jakarta n’ont relié cet exercice à Taïwan.
Pour Jakarta, cet exercice traduit sa politique étrangère de longue date, dite « libre et active », consistant à dialoguer avec toutes les grandes puissances sans alignement formel. Le plus grand exercice militaire multinational auquel l’Indonésie participe demeure Super Garuda Shield, qui avait réuni plus de 6 000 soldats issus de 13 pays en 2025, dont les États-Unis, l’Australie et le Japon. Dans le même temps, plus de 300 000 ressortissants indonésiens vivent et travaillent à Taïwan, ce qui incite davantage encore Jakarta à éviter toute action susceptible d’être interprétée comme un parti pris dans les tensions à travers le détroit.
La Chine rejette les revendications de souveraineté de Taïwan et mène des opérations militaires quasi quotidiennes autour de l’île, tandis que Taïwan soutient que seul son peuple peut décider de son avenir. Ni Pékin ni Jakarta n’ont affirmé que cet exercice était dirigé contre Taïwan. Sa localisation n’en reflète pas moins l’expansion constante de l’activité navale chinoise à l’est de l’île, une zone appelée à jouer un rôle critique dans tout scénario futur de crise autour de Taïwan.


