L’armée américaine a mis en place un système de convois armés empruntant un chenal méridional du détroit d’Ormuz, longeant la côte omanaise, qui achemine désormais environ 10 millions de barils de brut par jour hors du golfe Persique. Deux responsables américains ont décrit cette opération à Axios, qui l’a révélée en premier. Cet itinéraire maintient les pétroliers du côté omanais du détroit, à l’écart des principales zones de missiles antinavires iraniens, et a permis de rétablir environ la moitié des volumes d’exportation d’avant-guerre, alors même que la guerre plus large entre les États-Unis et l’Iran demeure dans l’impasse.
Chaque nuit, l’opération déplace à la fois des pétroliers chargés en partance et des navires vides à l’arrivée, recueillant du brut aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït. Une force opérationnelle basée à la 82e division aéroportée de l’armée de terre, à Fort Bragg, coordonne le calendrier, tandis que des chasseurs de l’armée de l’air américaine patrouillent en altitude pour intercepter drones et missiles de croisière iraniens. Un responsable a indiqué que les forces avaient abattu huit drones et deux missiles de croisière en une seule nuit cette semaine.
Des organismes de suivi maritime, dont Lloyd’s List et Windward, rapportent que la plupart des transits dans la zone d’Ormuz, y compris une grande partie du trafic côté omanais, s’effectuent transpondeurs AIS éteints, une pratique cohérente avec les risques sécuritaires propres au détroit. Il n’est pas confirmé que les navires des convois coordonnés par les États-Unis fassent de même.
Ce système de convois a suivi une campagne de deux semaines menée par le commandement central américain (CENTCOM), qui a dégradé les capacités radar côtières iraniennes, ont indiqué des responsables. La surveillance iranienne repose désormais principalement sur quelques radars reconstitués et des guetteurs à bord de petites embarcations, et Axios a décrit des forces iraniennes tirant drones et missiles en direction générale des routes maritimes supposées, plutôt que sur des cibles suivies.
Ce corridor offre à Washington une véritable protection contre les chocs de prix mondiaux, à un moment où la diplomatie est gelée. Le délai de 60 jours prévu par le mémorandum d’entente américano-iranien de juin a expiré le 17 août sans accord, et le président Trump a déclaré à Axios que les États-Unis n’étaient « pas en train de négocier avec l’Iran pour le moment ». Tant que les discussions resteront au point mort, ce corridor devrait rester le principal mécanisme de gestion des flux énergétiques du Golfe.


