Le Japon envisage d’adopter un logiciel militaire américain d’intelligence artificielle afin d’accélérer ses décisions de commandement, alors qu’il restructure sa coopération militaire avec Washington en vue d’une refonte, prévue en fin d’année, de ses principaux documents de sécurité. L’Asahi Shimbun, cité par Anadolu et UPI, a rapporté que Tokyo évaluait le système Maven Smart de Palantir pour le commandement et le contrôle de ses Forces d’autodéfense ; des médias japonais ont également évoqué la plateforme Lattice d’Anduril dans ce débat, bien qu’aucune décision n’ait été annoncée. Le général Yoshihide Yoshida, chef d’état-major interarmées, a déclaré lors d’un point presse le 3 juillet qu’aucun système de Palantir n’avait été approuvé, mais que l’intelligence artificielle était nécessaire de toute urgence pour suivre le « rythme de bataille » accéléré de la guerre moderne, ajoutant que les données japonaises sensibles devaient demeurer sous contrôle japonais.
Ce débat s’inscrit dans une refonte plus vaste du commandement : le Japon a créé le Commandement des opérations interarmées en mars 2025, tandis que Washington procède à la mise à niveau des Forces américaines au Japon, pour en faire un état-major interarmées. Tokyo finance également une strate nationale, Sakana AI ayant annoncé en mars un contrat de recherche avec le ministère de la Défense, portant sur une fusion plus rapide de l’information pour les systèmes de commandement. Cette orientation dépasse le seul domaine logiciel : le Japon a mis en place un Bureau national du renseignement, mis en service son premier destroyer capable de tirer des missiles Tomahawk, et présente, dans son dernier livre blanc de la Défense, l’intelligence artificielle, les drones et la frappe à longue portée comme des outils indispensables face à un ordre régional de plus en plus dur.


