L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) affirme ne toujours pas pouvoir déterminer ce qu’il est advenu des 440,9 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % constituant la dernière estimation de l’agence pour l’Iran, plus d’un an après que des frappes ont interrompu les inspections. Reuters a rapporté le 1er septembre, à partir de la dernière évaluation de l’agence, que cette incertitude demeure entière. Ce chiffre constitue une base de référence, et non un inventaire actuel.
Israël a frappé des installations nucléaires iraniennes à partir du 13 juin 2025. Les États-Unis ont frappé Fordow, Natanz et Ispahan lors de l’opération Midnight Hammer, le 22 juin. L’AIEA a retiré ses inspecteurs fin juin, et l’Iran a suspendu sa coopération par la loi le 2 juillet. Le dernier inventaire de référence enregistré par l’agence, estimé à 440,9 kilogrammes, est antérieur à tous ces événements.
Cette incertitude laisse non démontrée l’affirmation du président Donald Trump selon laquelle les frappes avaient « anéanti » la capacité d’enrichissement de l’Iran. L’agence ne peut établir ce qui a survécu, où cela se trouve, ni si le matériau a été déplacé ou davantage enrichi. La vérification s’est arrêtée avant que ces questions ne puissent trouver de réponse.
Des responsables militaires iraniens ont mis en avant des infrastructures de missiles souterraines ayant survécu et affirmé que la production et les stocks enfouis étaient restés opérationnels après les bombardements, selon Reuters. Ces affirmations concernent des missiles, et non des matières nucléaires. Elles montrent à quel point il est difficile d’évaluer des programmes enfouis à partir des seuls dégâts causés par des frappes.
En restreignant l’accès aux sites concernés, Téhéran a préservé une ambiguïté stratégique sur sa capacité potentielle à franchir le seuil nucléaire. Les observateurs extérieurs ne peuvent savoir si les matières sensibles ont été détruites, dissimulées ou davantage enrichies. L’Iran continue par moments à en appeler à la diplomatie, mais son refus de rétablir l’accès de l’AIEA aux sites concernés relève davantage d’un affrontement sur la transparence nucléaire que d’un compromis fondé sur les inspections.


