Le Ghana a exigé que la Russie cesse de recruter ses citoyens pour combattre contre l’Ukraine, après qu’Accra a fait état de 62 Ghanéens tués et 15 disparus dans cette guerre. Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a soulevé la question lors d’entretiens à Moscou avec son homologue russe Sergueï Lavrov le 17 août, évoquant le « recrutement illégal » de Ghanéens, selon TASS. Lavrov a reconnu que des citoyens ghanéens avaient signé des contrats avec le ministère russe de la Défense, précisant que certains avaient rejoint les rangs russes par « solidarité » et d’autres pour l’argent, selon le ministère russe des Affaires étrangères.
En février, Ablakwa s’était rendu en Ukraine pour obtenir la libération de deux Ghanéens détenus comme prisonniers de guerre après avoir été capturés en combattant pour la Russie. L’AP a rapporté que le Ghana avait alors recensé 272 citoyens attirés dans cette guerre depuis 2022, dont 55 morts confirmés, et s’était engagé à démanteler les réseaux de recrutement opérant sur le dark web. L’un des hommes capturés, Joshua Nkrumah, 35 ans, avait laissé derrière lui une épouse enceinte avant d’être recruté, selon un reportage de la BBC. Le président Volodymyr Zelensky a indiqué avoir eu des « échanges détaillés » avec Ablakwa sur la manière dont la Russie recrute des Ghanéens et d’autres Africains, selon Al Jazeera.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères avait déclaré en février que plus de 1 700 Africains originaires de 36 pays combattaient pour la Russie, selon Reuters, la plupart recrutés via des offres d’emploi frauduleuses ou des filières de visas étudiants. La Russie dément tout recrutement illégal, mais cette configuration laisse penser que le système d’enrôlement de ressortissants étrangers mis en place par Moscou reporte les pertes sur le champ de bataille vers des recrues étrangères économiquement vulnérables, tout en réduisant la pression pour mobiliser davantage de Russes sur le territoire national.


