L’Ukraine estime que la Russie prévoit de mobiliser 300 000 soldats supplémentaires une fois les élections législatives achevées en septembre, ce qui pourrait fournir de nouveaux effectifs à la campagne menée par Moscou pour s’emparer du reste de la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, a déclaré dimanche le président Volodymyr Zelensky.
Zelensky a qualifié ce plan de « mobilisation périphérique », concentrée en dehors de Moscou et de Saint-Pétersbourg, où un appel sous les drapeaux visible comporterait des risques politiques plus importants pour le Kremlin. Il a indiqué que l’objectif de la Russie pour 2026 était de 300 000 hommes supplémentaires, un recrutement complémentaire étant possible en 2027 en vue d’atteindre un total de 500 000. Les élections à la Douma d’État sont prévues du 18 au 20 septembre.
Une telle approche rappellerait la mobilisation russe de septembre 2022, lorsque le recrutement avait touché de manière disproportionnée les régions les plus pauvres et les républiques à minorités ethniques, tandis que Moscou et Saint-Pétersbourg en étaient relativement préservées. Le 20 septembre de cette année-là, le président de la commission de la Défense de la Douma d’État, Andreï Kartapolov, avait affirmé qu’il n’y aurait « aucune mobilisation générale ». Poutine avait annoncé une mobilisation partielle d’environ 300 000 réservistes dès le lendemain matin.
La dernière évaluation ukrainienne n’a pas été confirmée de manière indépendante, et Zelensky n’a pas affirmé que la mobilisation était déjà en cours. L’ambassadeur russe auprès de l’ONU, Vassili Nebenzia, a déclaré plus tôt cette semaine qu’une mobilisation massive n’était « ni prévue ni attendue », sans toutefois exclure une décision ultérieure, a rapporté Euromaidan Press.
Certains signes indiquent toutefois que les autorités russes se préparent à cette éventualité. Le Wall Street Journal a rapporté que les autorités avaient mené des exercices de préparation à la mobilisation dans plusieurs régions, notamment un exercice à Kaliningrad testant la manière dont les responsables logeraient, nourriraient et équiperaient un grand nombre de recrues.
Le Kremlin renforce également les mécanismes à la disposition des autorités régionales. Le gouvernement russe a soumis le 20 août à la Douma d’État un projet de loi prévoyant des amendes pouvant atteindre 1 million de roubles pour les entreprises qui ne se conformeraient pas aux décisions des gouverneurs régionaux et des quartiers généraux opérationnels, étendant à l’ensemble du pays des sanctions actuellement applicables uniquement dans les zones sous loi martiale.
La Russie a évité toute nouvelle mobilisation massive depuis 2022, s’appuyant largement sur des incitations financières pour attirer des soldats sous contrat. Les pertes persistantes sur le champ de bataille impliquent toutefois qu’une grande partie de ce recrutement sert à remplacer les pertes plutôt qu’à accroître les effectifs.
Si une nouvelle mobilisation se concrétisait, ce serait un signe fort que Moscou s’attend à une guerre prolongée. Les forces russes restent concentrées sur la prise de Kostiantynivka et de la ceinture fortifiée ukrainienne dans le Donetsk, tandis que le Kremlin n’a donné aucun signe qu’il entendait renoncer à son objectif de contrôler l’intégralité de la région.


