Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié à environ 11 milles nautiques au nord-est de Limah, à Oman, vendredi, mettant hors service sa salle des machines et le laissant brièvement sans contrôle de propulsion, selon l’Opération de commerce maritime du Royaume-Uni (UKMTO). Aucune victime ni pollution n’a été signalée, et le navire a par la suite retrouvé sa capacité de propulsion et repris sa route. Quelques heures plus tard, l’UKMTO a rapporté un second incident, au cours duquel un autre pétrolier, naviguant à 21 milles nautiques au nord-est de Khasab, a signalé un important jaillissement d’eau suivi d’une explosion à proximité. Ce navire n’a subi aucun dégât.
Aucun des deux incidents n’a été attribué à un État ou à un groupe armé. Néanmoins, le profil de cette attaque — mettre un navire hors service sans faire de victimes ni le couler — évoque le type d’activité maritime en zone grise que les analystes de sécurité jugent conçue pour perturber le transport maritime et en accroître les coûts, tout en restant en deçà du seuil susceptible de déclencher une réponse militaire directe. Une attaque par projectile similaire avait déjà été signalée au large d’Oman le 7 juillet, lorsque l’UKMTO avait indiqué que le pétrolier Wedyan avait été endommagé alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz. Cet incident avait souligné que le transport maritime commercial dans cette zone demeure vulnérable, même après des périodes de tensions régionales réduites.
Que les derniers incidents soient liés ou non, des attaques non attribuées près du détroit d’Ormuz emportent des conséquences dépassant les seuls dégâts immédiats. De précédents incidents de sécurité ont déjà conduit le Joint War Committee à étendre ses zones de transit à haut risque, augmentant les primes d’assurance liées au risque de guerre et incitant certains opérateurs à modifier leurs routes ou leurs procédures de transit, selon Lloyd’s List. Environ un cinquième du commerce mondial de pétrole par voie maritime transite par cette voie navigable étroite, ce qui rend même des attaques isolées significatives pour les compagnies maritimes, les assureurs et les marchés de l’énergie.
Ces incidents surviennent quelques semaines après le reflux de la phase aiguë du conflit entre Israël et l’Iran, soulignant que les risques maritimes dans le Golfe n’ont pas disparu. Les autorités poursuivent leur enquête sur les deux événements, et l’UKMTO a conseillé aux navires opérant dans la zone de rester vigilants et de signaler immédiatement toute activité suspecte.


