Les États-Unis auraient négocié des accords distincts avec la Syrie et Israël, visant à retirer une matière nucléaire d’un site clandestin connu sous le nom de « site 99 », a rapporté Axios le 10 août, citant des responsables américains et israéliens. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et le gouvernement syrien ont, de leur côté, signé un accord distinct trois semaines plus tôt, en vue de sa mise en œuvre.
Le site 99 est lié au programme nucléaire clandestin Al-Kibar du gouvernement d’Assad, centré sur un réacteur détruit par Israël lors d’une frappe aérienne en 2007. Des responsables américains ont indiqué à Axios que ce site abritait du yellowcake ainsi que d’autres résidus du programme Al-Kibar. Cette matière ne peut être utilisée directement dans une arme nucléaire, mais un responsable américain cité par Axios a précisé qu’elle pourrait servir dans un dispositif de dispersion radiologique, ou « bombe sale ».
Des responsables israéliens ont indiqué à Axios avoir détecté, ces dernières semaines, une activité autour du site, suscitant des inquiétudes quant à une éventuelle tentative du gouvernement syrien de reprendre l’accès au site, possiblement avec l’aide de la Turquie. Ces mêmes responsables ont précisé qu’Israël avait auparavant menacé de frapper de nouveau le site, si le matériau n’était pas retiré. L’administration Trump a demandé à Israël de patienter, et a associé l’AIEA aux discussions avec le gouvernement syrien, dirigé par le président Ahmed al-Charaa.
Le retrait n’a pas encore débuté. Un responsable américain a indiqué à Axios que l’administration espérait « lancer prochainement le processus de retrait, et l’achever avant la fin de l’année ». Cet accord rapporté fait suite à une démarche plus large et publique, visant à résoudre le dossier des garanties nucléaires syriennes : en juin, l’Union européenne s’était félicitée des efforts de l’AIEA pour inspecter le site de Deir ez-Zor, incluant des prélèvements environnementaux.


