Le Groenland a adressé un « avertissement ferme » à une compagnie pétrolière liée à Trump, après que celle-ci eut débarqué des équipements avant d’avoir obtenu l’autorisation logistique définitive, transformant un différend d’autorisation en véritable test de souveraineté. The Guardian a rapporté, le 8 août, que le ministère groenlandais de l’Industrie et des Minéraux avait indiqué que l’entreprise, Greenland Energy, ne disposait pas des approbations nécessaires. Toute logistique future devra désormais être approuvée au préalable par l’autorité des ressources minérales.
Cette structure importe. L’entreprise Greenland Energy, basée à Houston et cotée au Nasdaq sous le symbole GLND, peut acquérir jusqu’à 70 % de participation, en finançant deux puits d’exploration, selon des documents déposés auprès de la SEC. Les droits sont détenus via White Flame Energy A/S, une filiale groenlandaise de 80 Mile PLC, cotée à Londres, qui conserve le reste. Le président Larry Swets entretient des liens avec l’entourage de Trump, et l’entreprise a nommé au conseil d’administration un membre lié au programme américain de défense antimissile Golden Dome.
Jameson Land ne demeure légalement explorable que parce que les licences de White Flame sont antérieures à l’interdiction, en 2021, de tout nouveau permis pétrolier au Groenland. Le forage nécessite encore une étude d’impact environnemental achevée ainsi qu’une approbation finale, dont l’entreprise ne dispose pas. Swets a reconnu qu’un représentant avait, à tort, indiqué en juin aux habitants qu’une autorisation avait déjà été accordée.
La rhétorique de Trump lui-même ajoute à la pression. Lors du sommet de l’OTAN à Ankara, le 7 juillet, il avait déclaré que le Groenland devrait être contrôlé par les États-Unis, et non par le Danemark — une affirmation que la Première ministre danoise Mette Frederiksen avait rejetée le jour même. Il en résulte une escalade en zone grise, bâtie sur des licences héritées, une logistique d’entreprise et une rhétorique, plutôt que sur la force militaire. Le Groenland a, jusqu’ici, choisi la voie de l’avertissement plutôt que de l’application stricte — une retenue susceptible d’être mise à l’épreuve à l’approche de la saison de forage.


