L’entreprise de technologie de défense Anduril a achevé la construction du premier appareil YFQ-44A Fury issu de son usine Arsenal-1, dans l’Ohio, faisant passer le programme d’appareils de combat collaboratif (CCA) de l’US Air Force de la phase de prototypage à celle d’une production industrielle répétable.
L’US Air Force a attribué, le 17 juin, des contrats de production aux appareils FQ-44 d’Anduril et FQ-42 de General Atomics, déclarant les deux modèles prêts pour une fabrication à grande échelle. Elle prévoit d’acquérir plus de 150 appareils, toutes conceptions confondues, d’ici 2030, et environ 1 000 appareils de combat collaboratif à plus long terme.
La capacité annoncée par Anduril de 150 Fury par an correspond au plafond de production de son usine en fonctionnement à plein régime, sur trois équipes — non à sa production actuelle ni à une commande confirmée ; l’US Air Force n’a pas précisé la répartition prévue des premières acquisitions entre les deux modèles. Une subvention de 310 millions de dollars accordée par JobsOhio, assortie d’un engagement de créer 4 008 emplois, couvre l’ensemble du site Arsenal-1 jusqu’en 2035, et non la seule chaîne de production du Fury.
Un YFQ-44A a tiré un missile AIM-120 en juillet, après autorisation donnée par un opérateur humain ; l’US Air Force affirme que les appareils CCA n’emploieront jamais leurs armes de manière autonome.
Ce programme s’inscrit dans une continuité plus ancienne — Skyborg, l’un de ses précurseurs, avait volé dès 2021 —, mais c’est la guerre en Ukraine qui en a validé la logique centrale : la masse de systèmes sans pilote, l’itération rapide et la réduction de l’exposition humaine. Le Fury transpose cette logique au combat aérien de haute intensité, pour les environnements contestés de demain.


