Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israel Katz ont déclaré jeudi soir que Tsahal avait détruit, à l’aide de 700 tonnes d’explosifs, un système de tunnels du Hezbollah situé sous la crête de Beaufort, dans le sud du Liban, selon le Times of Israel. Les deux responsables ont indiqué que cette frappe répondait à une violation « flagrante » du cessez-le-feu par le Hezbollah, survenue la veille, lorsque le groupe avait touché un bulldozer sans équipage de Tsahal à l’aide d’un drone explosif. Israël avait tenu cette opération de démolition en réserve depuis avant la trêve de juin, la reportant dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, et l’a mise à exécution dès que cette attaque de drone lui en a fourni le prétexte.
Netanyahou et Katz ont affirmé que ce tunnel constituait « un élément central du plan d’invasion de l’organisation terroriste Hezbollah contre les communautés de Galilée ». Tsahal a indiqué que ses troupes avaient consacré les dernières semaines à sécuriser la crête et à évacuer les galeries souterraines avant la détonation, et que l’essentiel du réseau situé à cet endroit est désormais détruit, à la suite d’une démolition partielle réalisée le 13 juillet.
La crête de Beaufort ne constitue qu’un seul système de tunnels ; un second, toujours actif, situé sous la crête d’Ali Taher, près de Nabatieh, montre pourquoi la démolition n’est pas toujours envisageable. On estime qu’environ 40 combattants du Hezbollah s’y trouvent encore, et les forces israéliennes en ont encerclé les issues plutôt que d’y pénétrer, selon JNS. Ce média précise que de précédentes frappes aériennes israéliennes n’étaient pas parvenues à percer ce site, celui-ci s’enfonçant à plus d’un kilomètre sous terre — une profondeur trop importante pour un armement aérien —, laissant l’encerclement et la diplomatie comme seuls outils disponibles tant que le cessez-le-feu tient.
Cette même logique de rapport de force traverse la position israélienne sur la question du retrait. Netanyahou et Katz ont indiqué que Tsahal resterait dans la zone tampon du sud du Liban et poursuivrait la destruction de ce qu’elle qualifie d’infrastructures terroristes. Des responsables israéliens ont fait savoir aux médiateurs qu’ils n’accepteraient pas de se retirer davantage de cette zone tant que le Hezbollah ne serait pas désarmé — une exigence que le groupe a rejetée. Des équipes techniques israéliennes et libanaises doivent se réunir du 4 au 6 août pour faire avancer l’accord-cadre plus large conclu en juin, qui prévoit un retrait progressif israélien parallèlement à un déploiement accru de l’armée libanaise dans le sud.


