La voie express Tiznit-Dakhla relie le sud du Maroc à Laâyoune, Boujdour et Dakhla, à travers le Sahara occidental disputé. Les flèches en pointillés indiquent l’accès envisagé, dans le cadre de l’Initiative atlantique, vers la Mauritanie et le Sahel enclavé. Illustration : ConflictAlert.
Le roi Mohammed VI a officiellement confirmé que le Maroc baptiserait sa voie express Tiznit-Dakhla, longue de 1 055 kilomètres, « autoroute Donald J. Trump », selon une lettre adressée à Trump le 2 juillet et rendue publique le 1er août par l’agence de presse officielle MAP. Trump avait remercié le roi pour ce « grand honneur » dans un message publié sur Truth Social le 26 juillet.
Cette route traverse le Sahara occidental, un territoire situé sur la côte nord-ouest de l’Afrique. Lorsque l’Espagne s’est retirée en tant que puissance coloniale en 1975, le Maroc a pris le contrôle de la majeure partie du territoire et l’a annexé. Le Maroc administre l’essentiel du Sahara occidental, mais la souveraineté sur cette ancienne colonie espagnole demeure non résolue dans le cadre du processus onusien. Le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui soutenu par l’Algérie, contrôle toujours une bande le long de la frontière orientale du territoire. Un cessez-le-feu négocié sous l’égide de l’ONU a globalement tenu de 1991 jusqu’à la reprise des hostilités en 2020. Les Nations unies continuent de classer le Sahara occidental comme un territoire non autonome, et le référendum d’autodétermination promis n’a jamais été organisé.
Cette autoroute, le port et les investissements qui l’accompagnent renforcent l’intégration administrative et économique du territoire par le Maroc, augmentant le coût pratique de toute séparation future. La voie express relie Laâyoune, plus grande ville du territoire, au futur port en eau profonde de Dakhla Atlantique, plus au sud sur la côte.
Le Maroc associe cette démarche à une diplomatie régionale. Son « Initiative atlantique » propose aux pays enclavés du Sahel — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — un accès à l’océan via les ports marocains. Les trois pays ont d’ores et déjà adhéré à cette initiative.
Trump avait reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en 2020, dans le cadre d’un accord négocié par les États-Unis, sous lequel le Maroc avait normalisé ses relations avec Israël. En donnant son nom à cette autoroute, le Maroc relie directement cette reconnaissance américaine contestée à l’infrastructure qui rattache Dakhla au reste du pays.


