Un drone russe à vue subjective (FPV) a pourchassé puis frappé un vendeur civil sur un marché en plein air de Kherson, selon une vidéo authentifiée et diffusée mardi par la police nationale ukrainienne. Les images montrent le drone suivant cet homme de 52 ans alors qu’il tentait de fuir, avant de détoner à ses côtés, lui infligeant des blessures dues au souffle de l’explosion, des blessures par éclats et une commotion cérébrale. Il a survécu et reçoit actuellement des soins médicaux, a précisé la police.
Contrairement aux tirs indirects ou aux munitions non guidées, les drones FPV transmettent en continu à un opérateur au sol un flux vidéo à la première personne, jusqu’à l’impact. Cela permet à l’opérateur d’observer et d’ajuster en temps réel la trajectoire du drone, rendant ce type d’attaque techniquement très ciblé. Dans ce cas précis, les images authentifiées semblent montrer le drone poursuivant délibérément un individu identifiable, plutôt que frappant une zone donnée.
La géographie de Kherson aggrave cette menace. La ville se trouve sur la rive occidentale du fleuve Dniepr, en face du territoire tenu par la Russie, plaçant une grande partie de la zone urbaine à portée opérationnelle de petits drones FPV lancés depuis l’autre rive. Cette proximité a permis des attaques de drones répétées contre des quartiers résidentiels, des marchés, des véhicules civils et des équipes de secours, faisant de Kherson l’une des villes ukrainiennes les plus durement visées par la guerre des drones à courte portée.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiha, a qualifié cette attaque de « crime de guerre délibéré commis par la Russie », tandis que la police a indiqué avoir ouvert une procédure pénale pour violations présumées des lois et coutumes de la guerre. Cet incident vient s’ajouter à un corpus croissant d’attaques documentées, qui, selon les autorités ukrainiennes et les observateurs internationaux, exposent de plus en plus les civils de Kherson à des frappes de drones délibérées. La qualification de cet incident précis en crime de guerre relèvera, en définitive, d’une enquête formelle et d’éventuelles procédures judiciaires ultérieures.
Reuters a indiqué avoir vérifié de manière indépendante le lieu et l’authenticité de la vidéo, sans toutefois pouvoir déterminer qui pilotait le drone. L’agence a également rapporté que rien n’indiquait que la victime était engagée dans une activité militaire au moment de l’attaque. La Russie n’a pas immédiatement réagi à cet incident.


