Des frappes russes ont fait au moins 17 morts et 44 blessés à Kyiv dans la nuit ; l’armée de l’air ukrainienne a indiqué n’avoir intercepté aucun des 24 missiles balistiques lancés, bien qu’elle en ait abattu 98 sur 115 drones, a rapporté le Financial Times.
Le président Volodymyr Zelensky a déclaré que des intercepteurs « auraient pu sauver la vie de ceux tués aujourd’hui », imputant ces pertes aux retards des livraisons occidentales. Trump avait pourtant assuré à Zelensky, en marge du sommet de l’OTAN tenu le mois dernier en Turquie, que les États-Unis autoriseraient l’Ukraine à produire elle-même des intercepteurs Patriot, mais s’est depuis montré plus prudent concernant l’octroi de cette licence technologique ; l’ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Matthew Whitaker, a indiqué qu’un accord de production à long terme demeurait improbable avant l’hiver. Trump a par ailleurs rejeté, la semaine dernière, une demande portant sur plusieurs centaines d’intercepteurs supplémentaires, invoquant des pénuries nécessaires à la défense des intérêts américains dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient contre l’Iran.
Zelensky a appelé, à la place, à un élargissement des sanctions visant la production de missiles russes. Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir frappé des sites logistiques et de production de drones ; Zelensky a rétorqué que les cibles étaient civiles, dont une brasserie et des entrepôts de matériaux de construction.
Cette attaque est survenue alors que la propre campagne ukrainienne de 40 jours contre le pétrole, le gaz et les entrepôts de Wildberries en Russie venait formellement d’expirer. Au moins 15 installations de Wildberries ont été touchées depuis juin, dont 13 incendiées, selon le commandant des Forces des systèmes sans pilote, Robert Brovdi.
La pénurie ukrainienne s’inscrit dans une tension plus large : le Center for Strategic and International Studies estime que les stocks américains de Patriot sont tombés d’environ 2 330 unités avant la guerre contre l’Iran à moins de 827 aujourd’hui — un épuisement que le Pentagone s’efforce d’inverser à travers un contrat de 58,6 milliards de dollars conclu avec Lockheed Martin, destiné à tripler la capacité de production d’ici 2030 —, un horizon encore lointain pour combler le déficit immédiat de Kyiv, raison pour laquelle l’Ukraine et ses partenaires européens ont, séparément, entrepris de développer leurs propres intercepteurs à moindre coût.


