Des livraisons signalées d’équipements militaires de fabrication pakistanaise aux Forces armées soudanaises (FAS) ont attiré l’attention sur les réseaux d’approvisionnement étrangers alimentant la guerre civile soudanaise, désormais entrée dans sa troisième année. Des véhicules blindés Mohafiz-V, de fabrication pakistanaise, construits par l’entreprise pakistanaise HIT Armour sur un châssis Toyota Land Cruiser, ont été repérés ces derniers jours dans les rues de Khartoum. Ces véhicules offrent une protection de niveau B6 contre les tirs d’armes légères, selon des sources soudanaises indépendantes, bien que ni les autorités pakistanaises ni les autorités soudanaises n’aient confirmé publiquement cette livraison. Des sources du renseignement indien, citées par CNN-News18, chaîne indienne, ont présenté cette observation comme s’inscrivant dans une expansion plus large de la présence militaire pakistanaise vers la mer Rouge et l’océan Indien, avertissant qu’elle pourrait approfondir la coordination sino-pakistanaise dans la région. Cette évaluation reflète la lecture stratégique du principal rival régional du Pakistan, et n’a pas été corroborée de manière indépendante.
Le financement de la relation d’armement plus large entre le Pakistan et le Soudan a fortement fluctué cette année. Reuters et Al-Monitor ont rapporté en avril que l’Arabie saoudite avait retiré son soutien financier à un précédent paquet d’armements pakistano-soudanais, d’une valeur de 1,5 milliard de dollars, après en avoir pourtant négocié la mise en place. Qui finance aujourd’hui, le cas échéant, l’équipement parvenant à Khartoum demeure incertain.
La guerre au Soudan a déplacé près de 13 millions de personnes, selon des estimations de l’ONU. Ce réarmement intervient alors que la diplomatie est au point mort. Un effort de médiation mené par les États-Unis, connu sous le nom de « Quad » et incluant également l’Arabie saoudite, l’Égypte et les Émirats arabes unis, a consacré une grande partie de l’année 2026 à faire avancer une trêve humanitaire de 90 jours, les FAS et les FSR ayant chacune soumis des réponses conditionnelles en juillet. La poursuite des livraisons d’armements aux deux camps donne aux commandants sur le terrain moins de raisons d’accepter les compromis qu’exigerait toute trêve.


