La Chine et l’Égypte ont lancé leur deuxième exercice aérien conjoint, « Aigles de la civilisation 2026 », illustrant les efforts du Caire pour préserver sa flexibilité stratégique alors que les alignements sécuritaires régionaux évoluent. Selon une déclaration du colonel supérieur Chen Xi, porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale, ces manœuvres se déroulent en Égypte de la mi-août au début septembre et comprennent des tactiques de combat aérien, des opérations de supériorité aérienne, la recherche et le sauvetage au combat, ainsi que des entraînements à l’engagement des forces.
Cet exercice intervient quelques jours après la signature, le 7 août, de l’accord de défense conjointe de La Mecque entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, un pacte de défense mutuelle considérant toute attaque contre l’un des signataires comme une attaque contre l’ensemble d’entre eux, selon la déclaration commune publiée par l’agence de presse officielle saoudienne et le ministère pakistanais des Affaires étrangères. L’Égypte a participé aux consultations mais ne figurait pas parmi les signataires initiaux. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a depuis indiqué qu’il s’attendait à ce que l’Égypte rejoigne l’accord une fois résolues certaines questions techniques, qualifiant Le Caire de « partenaire naturel ».
La position du Caire relève d’une stratégie d’équilibre plus large plutôt que d’un simple alignement. L’Égypte entretient des liens sécuritaires étroits avec les États-Unis, tout en développant sa coopération en matière de défense, d’économie et de technologie avec la Chine et la Russie. Moscou demeure un partenaire clé et construit la centrale nucléaire d’El-Dabaa par l’intermédiaire de Rosatom ; le Service d’information de l’État égyptien a confirmé une coordination continue, à haut niveau, entre les deux gouvernements sur la construction et le calendrier du projet.
L’engagement de la Chine reflète l’intérêt plus large de Pékin pour la mer Rouge et les routes commerciales mondiales, où le contrôle du canal de Suez confère au Caire un levier stratégique supplémentaire. Ces manœuvres représentent moins un basculement vers une nouvelle alliance qu’une illustration de la stratégie plus large de l’Égypte : entretenir de multiples partenariats afin de réduire sa dépendance à l’égard d’une seule puissance extérieure.


