L’armée ukrainienne a lancé, dans la nuit du 3 au 4 août, une vaste attaque de drones contre le territoire russe, frappant un centre logistique de Wildberries près de Moscou ainsi qu’une raffinerie de pétrole à Syzran, dans l’oblast de Samara, selon le Kyiv Independent, citant des canaux Telegram russes.
Des images circulant sur les réseaux sociaux montraient de la fumée s’élevant au-dessus d’un site de Wildberries à Tchekhov, à environ 65 kilomètres au sud du Kremlin, des drones ayant été repérés au-dessus du site auparavant. Le gouverneur de l’oblast de Moscou, Andreï Vorobiov, a indiqué que plusieurs frappes avaient touché la zone industrielle de Novossiolki. Dans l’oblast de Samara, un incendie s’est déclaré à la raffinerie de Syzran.
Cette frappe prolonge une campagne que Kyiv mène depuis la mi-juillet, ayant touché une douzaine de sites de Wildberries environ, y compris des installations dans l’oblast de Vladimir, la région de Léningrad et la Crimée annexée, selon le Moscow Times. Le président Volodymyr Zelensky a affirmé que ces entrepôts stockaient des microcomposants électroniques sous sanctions ainsi que des équipements de navigation destinés à la production de drones — une allégation invérifiée, mais cohérente avec des évaluations plus larges, selon lesquelles la Russie ferait transiter des composants soumis à restrictions par le biais de la logistique commerciale afin de contourner les sanctions. Moscou a présenté ces frappes comme des attaques contre des infrastructures civiles — un cadrage qui s’accorde mal avec le caractère décentralisé et à double usage des chaînes d’approvisionnement russes en temps de guerre.
Associée à la frappe de Syzran, cette attaque suggère deux volets parallèles : dégrader les flux de composants alimentant la production de drones, et étrangler les capacités de raffinage et les revenus d’exportation de la Russie. De précédentes frappes contre Wildberries, dans le cadre de cette même campagne, avaient déjà fait au moins huit morts et plus de 70 blessés, les analystes russes estimant les dégâts jusqu’à 100 milliards de roubles (1,3 milliard de dollars), selon le Washington Post.
Le bilan humain et matériel des frappes du 4 août demeurait invérifié au moment de la publication.


