La réticence des fabricants américains à accorder à l’Ukraine une licence de fabrication d’intercepteurs Patriot relève moins de la propriété intellectuelle que de la concurrence, a rapporté The Atlantic le 8 août, citant un responsable républicain favorable à l’octroi de cette licence à Kyiv. Les fabricants craindraient que l’Ukraine ne parvienne à améliorer la conception du missile, puis à le produire en série plus rapidement et à moindre coût que les usines américaines actuelles, selon cet article.
Raytheon et Lockheed Martin attribueront officiellement leur réticence à des préoccupations liées « au vol de propriété intellectuelle et au transfert de technologie », selon la source parlementaire citée par The Atlantic.
Cette tension fait suite à un revirement de la politique américaine. Le président Trump s’était engagé, lors du sommet de l’OTAN à Ankara le 8 juillet, à autoriser la production ukrainienne sous licence, et Raytheon comme Lockheed Martin avaient ouvert des discussions de coproduction avec Kyiv dans les trois semaines suivantes. Fin juillet, toutefois, Trump a déclaré au Financial Times qu’il n’était « pas certain » de donner suite, précisant : « nous étudions la question », et que Washington devait « faire preuve d’une certaine prudence quant à qui nous accordons cette licence ». Il a par ailleurs affirmé que les États-Unis n’avaient « pas accepté » d’octroyer cette licence — un revirement survenu, selon CNBC, dans un contexte de préoccupations liées à l’épuisement des stocks américains de Patriot, la guerre contre l’Iran continuant de consommer les réserves d’intercepteurs.
Aucune des deux entreprises n’a publiquement confirmé la logique de concurrence sur les coûts décrite par The Atlantic. Washington n’a pas confirmé de décision définitive concernant cet accord de licence.


