Le partage de renseignement entre les États-Unis et l’Ukraine est revenu à son niveau d’avant sa suspension, a rapporté Politico mercredi, citant des parlementaires et responsables américains. Cette coopération renouvelée intervient alors que Kyiv élargit sa campagne de frappes de drones et de missiles à longue portée contre des cibles militaires et industrielles situées loin à l’intérieur du territoire russe.
Le sénateur Mark Warner, principal démocrate de la commission du renseignement du Sénat, a déclaré à Politico que la relation en matière de renseignement s’était « améliorée », qualifiant cette coopération de déterminante pour les opérations militaires ukrainiennes. Les sénateurs républicains John Cornyn et Roger Wicker ont eux aussi indiqué que le partage de renseignement s’était intensifié, tandis que le sénateur démocrate Tim Kaine a affirmé avoir également constaté des signes d’une coordination plus étroite. La Maison-Blanche n’a fait aucun commentaire public sur l’ampleur de cette relation en matière de renseignement.
L’administration Trump avait suspendu le partage de renseignement et l’aide militaire à la suite de la réunion tendue tenue dans le Bureau ovale le 28 février 2025, entre le président Donald Trump et le président Volodymyr Zelensky, qui s’était achevée par une altercation publique. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, avait confirmé cette suspension le 5 mars, la coopération ayant repris le 11 mars, après que responsables américains et ukrainiens furent parvenus à un accord lors de pourparlers tenus à Djeddah, en Arabie saoudite, portant sur un cadre de cessez-le-feu proposé.
Cette relation de renseignement rétablie semble soutenir une campagne de frappes à longue portée de plus en plus sophistiquée. Le Financial Times a rapporté, fin juillet, que le renseignement américain et français avait aidé les planificateurs ukrainiens à cartographier les déploiements de défense antiaérienne russes, à identifier des couloirs de vol réduisant le risque d’interception, et à hiérarchiser les composants d’infrastructures de raffinage et industrielles les plus difficiles à réparer. Bien que Washington maintienne ne pas sélectionner directement de cibles à l’intérieur de la Russie, ce flux de renseignement semble renforcer l’efficacité des armes à longue portée fabriquées en Ukraine, permettant à des drones relativement peu coûteux d’infliger des perturbations disproportionnées aux infrastructures militaires et énergétiques russes, sans implication directe de l’OTAN.
La brève suspension de mars 2025 a montré à quel point Kyiv était devenue dépendante du soutien occidental en matière de renseignement. Les informations rapportées par Politico suggèrent que cette relation est aujourd’hui largement revenue à son niveau antérieur, fournissant à l’Ukraine l’un des principaux facteurs permettant ses frappes de plus en plus ambitieuses contre des cibles militaires et industrielles situées à plusieurs centaines de kilomètres à l’intérieur du territoire russe.


