Elon Musk continue, à ce jour, de refuser à l’Ukraine l’usage de Starlink pour guider des frappes contre des lanceurs de missiles balistiques russes à l’intérieur même du territoire russe, malgré les efforts de lobbying constants de Kyiv, a rapporté The Atlantic le 7 août. Le géorepérage de SpaceX autorise actuellement les forces ukrainiennes à utiliser Starlink sur l’ensemble du territoire ukrainien internationalement reconnu, y compris la Crimée occupée et d’autres oblasts tenus par la Russie, mais en bloque l’usage à l’intérieur du territoire souverain russe lui-même.
Ce différend relève moins d’un désaccord politique que d’une question opérationnelle. L’Ukraine souhaite utiliser des drones guidés par Starlink pour traquer et détruire les lanceurs mobiles de missiles balistiques Iskander et KN-23 avant qu’ils ne tirent — ce que le cofondateur de Fire Point, Denys Chtilerman, a qualifié de passage du principe « abattre les flèches » à celui de « frapper les archers ». Cette tactique importe, car les stocks ukrainiens d’intercepteurs Patriot PAC-3, nécessaires pour abattre des missiles déjà en vol, se sont fortement épuisés cette année et ne peuvent être reconstitués rapidement ; Kyiv propose cette option de frappe en profondeur, en partie, comme substitut aux intercepteurs que Washington ne peut fournir.
Musk, selon des sources citées par The Atlantic, continue de répéter aux responsables ukrainiens qu’il est « temps de trouver un accord », invoquant le risque d’une nouvelle escalade. « Pour l’heure, aucune décision positive n’a été prise », a précisé une source.
Le canal par lequel Kyiv fait valoir sa position a également changé. Mykhaïlo Fedorov, qui avait bâti une relation de travail avec Musk en tant que ministre de la Défense numérique et contribué à l’arrivée du service Starlink en Ukraine en 2022, a été démis de ses fonctions lors d’un récent remaniement gouvernemental. Il continue de faire du lobbying auprès de Musk de manière informelle ; il a déclaré, le 6 août, rester en contact direct avec lui, tout en qualifiant cette démarche de « tâche difficile en ce moment », a rapporté le Kyiv Independent. Aucun ministre n’occupant plus formellement ce canal, Zelensky a lui-même soulevé la demande directement auprès de Donald Trump, lors d’une rencontre à la Maison-Blanche le 28 juillet, lui demandant d’intervenir auprès de Musk. Trump a indiqué qu’il évoquerait la question, sans toutefois prendre d’engagement, et Musk a par ailleurs décliné une demande de rencontre en personne avec Zelensky.


