Le ministère syrien de la Santé a révisé vendredi son bilan de l’attentat perpétré jeudi à Jaramana, indiquant qu’aucun décès n’était à déplorer et que 14 personnes avaient été blessées, dont trois grièvement — revenant ainsi sur un premier bilan de deux morts, que les autorités ont attribué à une confusion sur des membres retrouvés, finalement rattachés à des patients ayant survécu à une intervention chirurgicale. L’engin explosif avait été dissimulé à bord d’un minibus-taxi transportant des passagers, et a détoné sur un axe de transit très fréquenté, à une heure de pointe. Un groupe peu connu, se présentant sous le nom de Minbar Ansar al-Rasoul, a revendiqué l’attaque vendredi ; aucune arrestation n’a été annoncée, selon Arab News.
Cet attentat s’apparente moins à un incident isolé qu’à une véritable épreuve structurelle pour le gouvernement du président Ahmed al-Charaa, qui n’est pas encore parvenu à intégrer, au sein d’une structure de sécurité étatique unifiée, les réseaux d’autodéfense druzes et chrétiens — constitués après la chute d’Assad et renforcés par une méfiance persistante —, en particulier après les massacres de Soueïda en 2025, où une enquête de l’ONU avait recensé plus de 1 700 morts et impliqué des forces alignées sur le gouvernement, aux côtés de milices druzes, selon Al-Monitor, citant Reuters.
Cette attaque complique également la campagne de réhabilitation internationale menée par al-Charaa. Elle rappelle celle du 7 juillet, lorsque des explosions avaient fait 18 blessés près de l’hôtel où séjournait le président français Emmanuel Macron, en visite dans le pays — un précédent que Damas a cité comme preuve de sa capacité à assurer une sécurité suffisante pour justifier la levée des sanctions et un dispositif sécuritaire avec Israël, selon NPR.


